La bataille autour de la loi de finances rectificative (LFR) 2026 se durcit à l’Assemblée nationale. La commission des finances a rejeté le projet de texte, sur fond de désaccords avec l’exécutif concernant l’encadrement des fonds spéciaux, les orientations budgétaires et la gestion des deniers publics.
Les députés de la majorité parlementaire réclament notamment davantage de visibilité sur la situation financière héritée, en particulier sur le niveau et la structure de la dette, ainsi que sur les priorités d’investissement et les dépenses à caractère social.
Les fonds spéciaux au cœur du désaccord
Le refus de l’exécutif d’inscrire un encadrement plus strict des fonds spéciaux constitue l’un des principaux points de tension. Pour les parlementaires, l’adoption de la LFR ne peut intervenir sans davantage de garanties sur la transparence et le contrôle des ressources publiques, notamment celles relevant de la Présidence de la République.
La majorité parlementaire considère ainsi que les choix budgétaires doivent être accompagnés d’informations précises permettant aux députés d’exercer pleinement leur mission de contrôle.
Un déficit de 7,6 % du PIB contesté
Autre sujet de préoccupation : le déficit budgétaire projeté à 7,6 % du PIB. Les députés s’interrogent sur la soutenabilité de cette trajectoire alors que le Sénégal poursuit ses discussions avec le Fonds monétaire international (FMI).
Pour les parlementaires, le cadrage budgétaire doit être suffisamment clair pour permettre d’évaluer les conséquences des choix retenus sur les finances publiques et sur les engagements du pays vis-à-vis de ses partenaires financiers.
La question des subventions pétrolières
Le projet de LFR prévoit également une réduction, voire une suppression progressive, des subventions sur certains produits pétroliers.
Une orientation que les députés de la majorité jugent inacceptable en l’état, compte tenu de ses conséquences potentielles sur les ménages et l’économie.
En rejetant le texte, la commission des finances réclame donc des clarifications et des garanties supplémentaires. Au-delà du vote de la LFR, c’est désormais la question de la transparence budgétaire, du contrôle parlementaire et de la soutenabilité des finances publiques qui se retrouve au cœur du bras de fer entre l’Assemblée nationale et l’exécutif.



