La gestion des déchets plastiques à la décharge de Mbeubeuss soulève des interrogations sur le rôle des acteurs de la filière et la valorisation des ressources récupérées. Le directeur général de la Société nationale de gestion intégrée des déchets (Sonaged), Babacar Abba Mbaye, dénonce des dysfonctionnements dans l’organisation actuelle et annonce sa volonté de repositionner la société publique au cœur de cette activité économique.
Dans un entretien accordé à L’Observateur, le responsable qualifie la situation de « véritable déni de responsabilité ». Il juge également « inadmissible » le fonctionnement actuel de la récupération du plastique sur ce site, où se développent plusieurs activités économiques.
Une filière dominée par des acteurs privés
Selon Babacar Abba Mbaye, le circuit actuel repose sur la collecte du plastique par des récupérateurs, qui revendent ensuite leur marchandise à un prix défini par une entreprise étrangère. Celle-ci transforme les matières récupérées en granulés avant de les exporter.
Le directeur général souligne ainsi le rôle limité de la Sonaged dans cette chaîne de valeur, alors que la loi lui confie une fonction d’intermédiaire dans le secteur.
Il déplore notamment l’absence d’activités de la société publique dans un espace qui concentre pourtant des opérations de récupération et de commercialisation des déchets.
La Sonaged veut devenir un acteur central du recyclage
Pour remédier à cette situation, Babacar Abba Mbaye souhaite faire de la Sonaged un intermédiaire économique à part entière. Son objectif consiste à permettre à l’entreprise publique d’acheter les produits récupérés, puis de fixer leur prix de revente.
« Jouer notre rôle d’intermédiaire économique : acheter ces produits et fixer le prix de revente », préconise-t-il.
Cette approche vise à renforcer la maîtrise de la filière par la Sonaged et à mieux organiser les échanges entre les récupérateurs et les acteurs industriels. Elle pourrait également permettre à la société publique de prendre une place plus importante dans la valorisation des déchets plastiques.
De Mbeubeuss aux 120 décharges du pays
Au-delà de la décharge de Mbeubeuss, le directeur général ambitionne de faire évoluer l’organisation de la gestion des déchets à l’échelle nationale.
Il souhaite transformer le site en un espace de transition entre la récupération des matières et leur industrialisation. Mbeubeuss deviendrait ainsi, selon sa vision, « l’articulation entre l’exploitation et l’industrialisation ».
Cette démarche pourrait ensuite être étendue aux 120 décharges du pays. L’ambition affichée est de structurer davantage les circuits de récupération et de valorisation des déchets.
Reste désormais à traduire cette volonté en mesures concrètes, notamment en matière d’organisation du marché, de fixation des prix et de collaboration avec les récupérateurs et les industriels. La place que prendra effectivement la Sonaged dans cette chaîne déterminera la portée de cette réforme annoncée.



