La deuxième session extraordinaire de l’année 2026 de l’Assemblée nationale est officiellement ouverte. Réunis en séance, 106 députés ont répondu présents, permettant à l’institution d’atteindre largement le quorum nécessaire pour délibérer.
« L’Assemblée est dans les conditions requises pour délibérer valablement », a déclaré le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, avant de prononcer l’ouverture officielle de la session, convoquée par le décret n° 2026-1530 du 24 août 2026, signé par le président de la République.
La date de la DPG toujours attendue
Cette session extraordinaire a un seul point à son ordre du jour : la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre. Toutefois, Ousmane Sonko a indiqué qu’aucune notification officielle n’était encore parvenue à l’Assemblée nationale pour fixer la date de cette intervention.
Le président de l’institution parlementaire a rappelé que, conformément aux dispositions en vigueur, le chef de l’État peut proposer une date dans les huit jours suivant la convocation de la DPG. « Contrairement à la pratique habituelle, nous n’avons pas reçu de correspondance dans ce sens venant du président de la République », a-t-il précisé.
Face à cette situation, Ousmane Sonko estime que l’Assemblée nationale peut s’appuyer sur les dispositions de son règlement intérieur, notamment l’article 22. Celui-ci encadre le rôle de la Conférence des présidents, composée notamment du président et des vice-présidents de l’Assemblée, des présidents de commission, du rapporteur général de la commission des Finances, des présidents de groupes parlementaires et des représentants des non-inscrits.
Cette instance dispose notamment de la compétence pour fixer le calendrier des travaux en commission et en séance plénière.
Sonko écarte toute crise
Pour Ousmane Sonko, ces dispositions permettront d’organiser la séance consacrée à la Déclaration de politique générale. L’ordre du jour étant unique, la session extraordinaire prendra fin immédiatement après l’intervention du chef du gouvernement.
Le président de l’Assemblée nationale a par ailleurs voulu écarter toute lecture politique de la situation. Il assure que les institutions fonctionnent normalement et appelle au respect strict des textes.
« Il n’y a pas de tiraillement, il n’y a pas de tension. Il y a le fonctionnement normal des institutions », a-t-il affirmé.
Pour illustrer son propos, Ousmane Sonko a évoqué les trois périodes de cohabitation politique qu’a connues la France, entre 1986 et 1988, 1993 et 1995, puis 1997 et 2002. Selon lui, la coexistence de majorités politiques différentes n’empêche pas les institutions de fonctionner et l’État de poursuivre son action.
« Je ne voudrais pas aujourd’hui qu’on essaie de tromper les Sénégalais en tentant d’installer une crise qui n’existe pas », a-t-il conclu.
À la suite de son intervention, la Conférence des présidents a été convoquée afin d’arrêter le calendrier des travaux et de préparer la séance consacrée à la DPG.



