En marge de la cérémonie d’intronisation du chef de village de Saldé, dont il est le parrain, l’ancien ministre des Affaires étrangères Cheikh Tidiane Gadio s’est livré à une sévère critique de la gouvernance actuelle. Le panafricaniste a notamment pointé du doigt le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko, qu’il accuse de consacrer davantage d’énergie à leurs différends politiques qu’aux difficultés quotidiennes des Sénégalais.
Selon des propos rapportés par Walfadjri, Cheikh Tidiane Gadio estime que les « querelles intestines » entre les deux responsables ont fini par prendre le pas sur les urgences économiques et sociales. « Depuis deux ans qu’ils sont au pouvoir, il y a plus de problèmes politiques à gérer entre les deux hommes que les difficultés des Sénégalais », déplore-t-il.
L’ancien chef de la diplomatie sénégalaise juge la situation « honteuse » et qualifie les deux dirigeants d’« immatures ». Il dénonce notamment un Sénégal « économiquement bloqué par l’amateurisme » et leur reproche de déjà se projeter vers l’échéance de 2029, alors que les préoccupations immédiates de la population restent nombreuses.
Pour Gadio, le débat devrait avant tout porter sur les moyens de répondre à la précarité et à la faim qui touchent une partie des Sénégalais. « Le débat actuel devait être comment sortir les Sénégalais de cette faim qui frappe à leur porte », estime-t-il, toujours cité par Walfadjri.
« Saldé et le Sénégal méritent mieux »
Prenant sa localité natale de Saldé comme exemple, Cheikh Tidiane Gadio déplore que cette partie du pays soit toujours confrontée à la pauvreté après plus de six décennies d’indépendance.
L’ancien ministre s’est également inquiété de la dépendance du Sénégal aux importations de riz en provenance d’Asie, malgré les ressources agricoles du pays. Il a notamment évoqué le potentiel des agropoles de Matam et de Sédhiou, estimant que ces initiatives devraient permettre de renforcer la production locale.
« Paradoxalement, on va acheter du riz au Vietnam et en Thaïlande », regrette-t-il, appelant à « des ruptures importantes ».
Pour Cheikh Tidiane Gadio, le constat est sans appel : « Saldé et le Sénégal méritent mieux ».



