Le président américain Donald Trump a exhorté lundi Israël et l’Iran à mettre un terme « immédiatement » aux échanges de tirs qui ont repris entre les deux pays, deux mois après l’entrée en vigueur d’une fragile trêve.
Après cent jours de conflit et un cessez-le-feu instauré le 8 avril, les sirènes d’alerte et les explosions ont de nouveau retenti à Tel-Aviv et à Téhéran. Aucun bilan humain n’a toutefois été signalé dans l’immédiat.
Selon l’armée israélienne, l’Iran a lancé une trentaine de missiles depuis dimanche soir en réaction à une frappe israélienne menée dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah soutenu par Téhéran. Cette attaque a fait deux morts et une vingtaine de blessés.
Les autorités iraniennes ont présenté ces tirs comme un avertissement, tout en menaçant d’une réponse plus importante. Téhéran estime que les différents fronts du conflit régional sont étroitement liés.
Face à cette nouvelle escalade, Donald Trump a appelé les deux camps à la retenue. Sur son réseau Truth Social, le président américain a demandé l’arrêt immédiat des attaques, alors qu’il cherche à éviter un enlisement militaire impopulaire à l’approche des élections de mi-mandat.
À Tel-Aviv, de nombreux habitants ont retrouvé le chemin des abris. Certains redoutent une prolongation des affrontements, rappelant que les précédentes hostilités, annoncées comme brèves, avaient finalement duré plusieurs semaines. Les écoles ont fermé et les transports ont été perturbés.
En Iran, plusieurs explosions ont été signalées à Téhéran, Tabriz et Ispahan. Les autorités ont indiqué avoir abattu un drone présenté comme appartenant à « l’ennemi américano-sioniste ». L’espace aérien de l’ouest du pays a été fermé et les vols au départ de la capitale suspendus.
La population iranienne se dit éprouvée par des mois de guerre. Entre difficultés économiques, climat d’incertitude et fatigue psychologique, beaucoup redoutent une aggravation du conflit.
Par ailleurs, des infrastructures énergétiques ont été touchées des deux côtés. Une usine pétrochimique iranienne a subi des dommages, tandis que Téhéran affirme avoir visé un complexe similaire en Israël. L’armée israélienne indique avoir détruit plusieurs systèmes de défense iraniens.
Cette reprise des affrontements risque également de compliquer les discussions diplomatiques en cours entre Washington et Téhéran. Les autorités iraniennes reconnaissent que les négociations seront affectées, même si les contacts se poursuivent par l’intermédiaire de médiateurs.
La communauté internationale s’inquiète de cette nouvelle montée des tensions. L’Union européenne a mis en garde contre toute escalade supplémentaire, tandis que la Chine s’est déclarée « profondément préoccupée ».
Les rebelles houthis du Yémen, alliés de l’Iran, ont également revendiqué une attaque contre Israël et annoncé des restrictions à la navigation israélienne en mer Rouge, renforçant les craintes d’un élargissement régional du conflit.
Sur les marchés, les tensions géopolitiques ont provoqué une forte hausse des prix du pétrole. Le baril de Brent gagnait près de 5 % lundi matin, tandis que les principales places boursières mondiales évoluaient en baisse.
Alors que plusieurs dossiers sensibles demeurent sans solution — notamment le détroit d’Ormuz, le programme nucléaire iranien et les avoirs iraniens gelés à l’étranger — les perspectives d’un accord durable paraissent plus éloignées que jamais.


