Le retrait de la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies continue de susciter des réactions. Pour Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, l’ancien président savait depuis le début que sa candidature se heurtait à plusieurs obstacles, notamment l’absence de soutien de l’Union africaine.
Dans une réaction publiée après l’annonce du retrait, Seydi Gassama estime que l’organisation continentale reste attachée au principe de rotation régionale, même s’il ne figure pas dans une règle formellement écrite. Il rappelle que l’Afrique a déjà occupé le poste à deux reprises avec Boutros Boutros-Ghali et Kofi Annan.
Mais au-delà de cette question, le défenseur des droits humains pointe surtout le bilan de l’ancien chef de l’État.
« Il savait aussi que son bilan catastrophique en matière de droits humains, de bonne gouvernance démocratique et financière était un lourd handicap », affirme Seydi Gassama.
Selon lui, Macky Sall aurait néanmoins estimé pouvoir surmonter ces obstacles grâce à son influence et à ses moyens financiers. « Mais il a pensé qu’avec l’argent et de l’influence […] il pouvait surmonter ces handicaps », soutient-il.
« Un échec cuisant »
Seydi Gassama considère le retrait de la candidature comme « un échec cuisant pour Macky Sall lui-même et pour tous les États qui l’ont soutenu », malgré, selon lui, les éléments disponibles sur son bilan.
Il rend également hommage aux victimes de l’ancien régime et à leurs soutiens, estimant que leurs efforts pour documenter et faire connaître les questions liées aux droits humains et à la gouvernance ont pesé dans le débat.
Pour le responsable d’Amnesty International Sénégal, cet épisode adresse également un avertissement aux dirigeants africains.
Il estime qu’ils ne peuvent pas « persécuter leurs opposants, bafouer les droits humains et les principes de bonne gouvernance » tout en espérant accéder, après leur départ du pouvoir, à de hautes responsabilités internationales.
Dans sa déclaration publiée ce samedi 17 octobre, Macky Sall a annoncé le retrait de sa candidature après le vote informel du 16 octobre. Il explique avoir pris cette décision après des consultations avec les présidents Évariste Ndayishimiye et Bassirou Diomaye Diakhar Faye, évoquant notamment l’émergence d’une candidature d’Amérique latine et des Caraïbes, éventuellement portée par une femme.



