Des centaines de manifestants, pour la plupart très jeunes, se sont rassemblés vendredi à N’Djamena, la capitale du Tchad, pour soutenir la décision du gouvernement de mettre fin aux accords militaires avec la France. Le rassemblement, qui a réuni entre 300 et 500 personnes, s’est tenu près du stade de N’Djari, avec des pancartes en français et en arabe portant des slogans tels que « Tchad hourra, France barra » (« dehors la France »), ainsi que des drapeaux tchadiens.
Parmi les participants, Abdel Daim Abdallah Ousmane, secrétaire général du Conseil supérieur des affaires islamiques, a affirmé à l’AFP : « Après 60 ans de coopération, nous n’avons pas besoin de militaires français, nous avons une armée, nous pouvons défendre notre pays. » Il a précisé que la manifestation était pacifique, soulignant que les Tchadiens ne sont pas des ennemis de la France et vice versa.
Les autorités ont autorisé un rassemblement à l’intérieur du stade, mais ont interdit toute manifestation dans les rues, bien que des petits groupes aient continué à se réunir dans la capitale. La manifestation s’est dispersée sans incident majeur.
La veille, une manifestation similaire s’était tenue à Abéché, une ville de l’est du pays, soutenue par les autorités locales, marquant ainsi un soutien populaire à la décision du gouvernement de rompre les accords militaires avec la France.
Cette rupture, annoncée le 28 novembre, a été une surprise pour Paris. Elle s’inscrit dans un contexte plus large de réévaluation des accords de défense, après les départs des troupes françaises du Mali, du Burkina Faso et du Niger, et la fermeture annoncée des bases militaires françaises au Sénégal. Le Tchad, qui a été le dernier pays de la région à accueillir des soldats français, a indiqué que la décision faisait partie d’un processus de transition politique, après le coup d’État de 2020 qui a porté au pouvoir le général Deby.
Le gouvernement tchadien a mis en place une commission spéciale pour mettre en œuvre la dénonciation de ces accords, et la première réunion a eu lieu jeudi à N’Djamena. Le porte-parole du Quai d’Orsay a indiqué que des discussions étaient en cours pour réévaluer la coopération militaire avec les pays africains concernés.



