Le Sénégal s’apprête à engager un traitement de sa dette. Annoncée le 1er septembre dernier, cette décision prévoit toutefois une exception importante : la dette libellée en monnaie locale ne sera pas concernée.
Un choix qui vise notamment à préserver le marché financier régional. Une orientation saluée avec attention par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Jean-Claude Kassi Brou insiste sur le marché régional
Le gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, a rappelé la position constante de l’institution.
« Nous avons effectivement indiqué que tout traitement de dette doit préserver le marché financier régional », a-t-il déclaré en marge de la réunion du Comité de politique monétaire, ce mercredi.
Selon lui, la Banque centrale a également porté cette position auprès du Fonds monétaire international (FMI).
L’objectif est clair : éviter qu’un éventuel traitement de la dette sénégalaise ne fragilise le marché financier régional.
Un marché essentiel au financement des États
Pour Jean-Claude Kassi Brou, le marché financier régional joue un rôle central dans le financement des économies de l’espace ouest-africain.
« C’est le socle du financement des États et de l’économie de la région », a-t-il souligné.
La BCEAO estime donc essentiel de préserver son fonctionnement et sa crédibilité.
Cette position intervient alors que le Sénégal doit désormais approfondir les modalités de son traitement de dette avec ses différents créanciers.
Les discussions avec les créanciers se poursuivent
Le gouverneur de la BCEAO estime que les autorités sénégalaises doivent désormais avancer sur les aspects techniques de l’opération.
Ces discussions devront être menées directement avec les différents créanciers du pays.
La Banque centrale entend toutefois maintenir sa ligne.
Depuis plusieurs mois, elle défend le principe selon lequel tout traitement éventuel de la dette sénégalaise ne doit pas avoir d’impact négatif sur le marché financier régional.
Le Sénégal devra donc trouver un équilibre entre la nécessité de traiter sa dette et la préservation d’un marché considéré comme essentiel au financement des États de la région.



