Le Centre de développement de la jeunesse et des sports de la Cedeao (CDJS) a réuni, ce jeudi 30 juillet à Dakar, les ministres en charge de la Jeunesse et des Sports des États membres autour de l’adoption de nouveaux cadres stratégiques régionaux destinés à renforcer le développement du capital humain dans l’espace communautaire.
Organisée du 27 au 31 juillet, cette série de rencontres porte sur les enjeux liés à la jeunesse et au sport au sein de la Cedeao. La journée du 30 juillet a été consacrée à une réunion de haut niveau visant à valider les nouvelles politiques régionales dans ces deux secteurs.
Pour le ministre sénégalais de la Jeunesse et des Sports, cette rencontre traduit une volonté commune des États membres de placer la jeunesse et le sport au cœur de l’intégration régionale. Elle a souligné que ces domaines constituent des leviers essentiels pour la paix, la prospérité et la transformation durable de la région.
« Elle affirme notre volonté collective de faire de la jeunesse et du sport des piliers de l’intégration régionale, de la paix, de la prospérité et de la transformation durable », a déclaré la ministre, évoquant un contexte marqué par des mutations démographiques, économiques, numériques, environnementales et sécuritaires.
Selon elle, les nouvelles réalités imposent une adaptation des politiques publiques afin de proposer des réponses plus inclusives, innovantes et axées sur les résultats. La nouvelle politique régionale entend ainsi considérer les jeunes non plus seulement comme des bénéficiaires, mais comme des acteurs majeurs du développement, à travers leur rôle d’entrepreneurs, d’innovateurs et de leaders communautaires.
Avec une population dont près de 75 % a moins de 35 ans, la Cedeao dispose d’un potentiel humain considérable. Les États membres ambitionnent de transformer cette jeunesse en véritable moteur de croissance grâce à des investissements dans l’éducation, la formation professionnelle, les compétences numériques, l’emploi, l’entrepreneuriat, l’innovation et la participation citoyenne.
Toutefois, plusieurs défis restent à relever. Dans la sous-région, la proportion des jeunes sans emploi, sans éducation ou sans formation (NEET) est estimée entre 22 et 30 %, avec des écarts importants entre les hommes et les femmes. Chez les jeunes femmes, ce taux peut dépasser 35 à 45 % dans certains pays, contre 15 à 20 % chez les jeunes hommes.
Au-delà de la jeunesse, les discussions ont également mis l’accent sur le rôle stratégique du sport. Désormais considéré comme un secteur économique à part entière, il représente un outil d’inclusion sociale, de santé publique, de cohésion communautaire et de création d’emplois.
Les ministres ont ainsi insisté sur la nécessité de renforcer la gouvernance sportive, développer les infrastructures, professionnaliser les métiers du sport, améliorer la formation des encadreurs et promouvoir davantage le sport scolaire et universitaire.
À travers ces nouveaux cadres stratégiques, la Cedeao entend bâtir un écosystème régional capable de mieux accompagner sa jeunesse et de faire du sport un véritable levier de développement durable.



