L’un comme l’autre, ils risquent d’y perdre. Et de la manière la plus lamentable.
Macky SALL, jusqu’où l’obsession peut-elle conduire un homme d’État ?
Une ambition internationale, aussi légitime soit-elle, justifie-t-elle de livrer son propre parti à des pratiques de recrutement dépourvues d’exigence, de qualité et de principes ?
Hier, ce sont des maires qui ont été mobilisés, utilisés, exposés. À peine le requiem de cette fornication politique entonné, voilà que le chef de l’APR se résout à solliciter le soutien d’un homme dont l’influence proclamée peine à résister à l’épreuve des faits.
Quel soutien peut réellement apporter celui qui n’a pas été en mesure d’obtenir la libération de dix-huit supporters sénégalais retenus au Maroc ?
Quelle capacité de persuasion peut revendiquer celui qui n’a pu faire triompher Amadou Hott à la présidence de la Banque africaine de développement ?
Et, surtout, que pourrait-il offrir à Macky Sall que Macky Sall ne possède déjà, par ses réseaux, son expérience et son exposition internationale ?
Malgré les casseroles qui entourent ton bilan, tu demeures, objectivement, plus introduit dans les cercles de décision et plus rompu aux mécanismes de lobbying et de la diplomatie internationale que celui à qui le Maroc a arraché le titre de champion d’Afrique.
Le paradoxe est donc saisissant : pour poursuivre une ambition internationale, tu sembles prêt à fragiliser l’instrument politique qui a fondé ta puissance, l’APR. Or, en politique comme en relations internationales, l’obsession est souvent mauvaise conseillère. Elle pousse à confondre alliance et dépendance, stratégie et renoncement, calcul et abdication.
Tu seras le véritable perdant si cette rencontre arrivait à se tenir. Parce que sans cette alliance, tu pourrais encore préserver tes chances. Avec elle, tu perdras deux fois : ton parti, d’abord ; puis ton ambition pour les Nations unies.
Quant au roi du reniement et du ravalement, il continue de franchir des paliers de petitesse toujours plus bas, plus sournois, plus indignes. À ce rythme, en 2029, il entrera dans l’histoire comme le plus jeune retraité politique : un record digne du Guinness, mais certainement pas de la République.



