- Le sermon de l’âme à lui même
Nos mots révèlent notre identité véritable. Notre champ lexical extoriose nos gaiété, angoisse, peine et maux ! Kou wax fégn disent les wolofs.
Parfois garder le silence, pour ne pas exprimer l’inconfort de nos pensées maudites, est préférable que d’user du verbe qui trahit et traduit une conscience hantée, fétide.
Il arrive parfois chez certains que l’esprit se sermonne pour un simple voeu secrètement formulé et discrétement manqué.
Le tribunal de la conscience, par un procès à huis clos, juge et condamne fatalement le délit de serment, secrets ou publics, manqué. La sentence est implacable : coupable de trahison de son serment devant ou non témoin.
Alors, la prison à ciel ouvert d’où l’àme purge sa peine est si exigue que la personne est en captivité permanente, son regard devient hagard et ses actes maladroits.
Impossible d’oublier volontairement. On feint seulement.
Oral ou écrit, apparent ou caché, divulgué ou tu, le serment est plus indélébile que la pupille dans le blanc de l’œil . Vous fermez les yeux, vous détournez ou fuyez le regard, vous le voyez, Vous vous bouchez les oreilles, il résonne et sermonne en permanence en état d’éveil, de somnolance parfois en plein sommeil.
- Le serment de l’homme
Au commencement était la parole. Unanimement, dans toutes les réligions abrahamiques, le premier commandement était « soit » et ce fut…!
A peine son cordon ombilical sectionné, l’Homme crie, de joie et/ou de détresse, pour manifester sa présence sur terre et son adhésion au pacte humain.
Depuis les temps immémoriaux, la transmission des savoirs endogènes, en Afrique et ailleurs, était assurée par l’oralité, principale véhicule, défiant les obstacles de la nature pour porter le plus loin possible la parole de la tribu.
Les alliances politiques étaient nouées autour de la parole, les pactes sociaux comme les mariages étaient scellés à travers des engagements verbaux, les traditions, les lignées, les récits héroïques, les hauts faits d’armes et mêmes les ignominies … étaient savamment conservés et transmis par le verbe avec fidélité et sans altération à l’image de legs précieux.
La parole publique et celle tenue dans l’intimité d’une discussion privée, sous l’arbre à palabre, avaient le même dégré de sacralité. Les Hommes étaient conscients que par dessus la vue et l’ouïe des humains, il y a, en toute circonstance, un Témoin oculaire, Audient et Omniscient… à qui l’homme sera ramené un jour pieds et poings liés. Tôt ou tard.
Hélas, bien plus tard, les serments devaient être couchés par écrits pour parer aux parjures de ceux qui voulaient se délier sans avoir l’audace d’assumer leur reniement.
Puis, vient l’ère des temps modernes, désacralisant la parole et propageant le déni. L’homme cru devoir enchaîner son prochain par un écrit…
Dans le subconscient de l’homme, urbi et orbi, l’intrumentum n’a jamais véritablement supplanté la valeur attachée aux serments oraux.
Devant Dieu et devant les hommes, la sagesse nous apprend que… la parole est libre et la plume serve…
Les pensées d’un nul en maths…
Excellent dimanche



