Après la fermeture de l’Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ) et les menaces de grève émises par le Saes (Syndicat autonome de l’enseignement supérieur) et d’autres syndicats du secteur éducatif et sanitaire, l’État tente de calmer le front social qui se tend de plus en plus.
Face à l’aggravation des crises sociales, le président Bassirou Diomaye Faye a pris l’initiative d’apporter une réponse rapide. Lors du dernier Conseil des ministres, il a appelé le Premier ministre à prendre « toutes les mesures nécessaires pour assurer la continuité des activités pédagogiques et garantir la stabilité sociale au sein des universités et des établissements d’enseignement supérieur publics ». Une attention particulière a été portée aux ministres de l’Enseignement supérieur et des Finances, leur demandant de mettre en place, en collaboration avec les recteurs et les directeurs des centres des œuvres sociales universitaires, un plan d’urgence pour finaliser tous les chantiers en cours dans les universités publiques. Ces travaux concernent notamment les amphithéâtres, salles de cours, restaurants et pavillons, et devront être réalisés selon un calendrier précis.
Le chef de l’État a également insisté sur la nécessité de maîtriser les budgets des universités et des centres des œuvres sociales, tout en lançant un audit des dépenses dans ces secteurs. Il a demandé au Premier ministre de mener sans délai un processus d’optimisation du fonctionnement de ces institutions, en collaboration avec toutes les parties prenantes.
La rénovation de la gouvernance universitaire apparaît comme un axe majeur pour apaiser les tensions. Le président a appelé à la mise en place d’un modèle économique consensuel, en synergie avec la communauté universitaire, pour assurer un fonctionnement efficace et des performances consolidées du système universitaire et de recherche. Il a souligné la nécessité de réformer la gestion du capital humain dans les universités, en ajustant le processus d’orientation des nouveaux bacheliers et en révisant la politique de recrutement des enseignants, en accord avec les besoins des établissements.
Le président a également demandé au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, en collaboration avec les ministères de l’Économie et de la Coopération, de finaliser la « Lettre de politique sectorielle » de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Cette nouvelle feuille de route vise à repositionner stratégiquement le secteur dans les politiques publiques, en soulignant son rôle clé dans la préparation du capital humain pour le développement national, un objectif prioritaire du plan « Vision Sénégal 2050 ».
Dans le même esprit, le Premier ministre a rappelé l’importance d’instaurer un cadre de dialogue social constructif et permanent avec les syndicats et partenaires sociaux. Il a chargé le ministre du Travail ainsi que les autres ministres concernés de lui faire parvenir un état des revendications des syndicats, accompagné d’un calendrier des réunions déjà tenues ou à venir. Ce travail préparatoire servira à établir un nouveau pacte de stabilité sociale, qui sera soumis au Président de la République pour approbation.
L’objectif est clair : restaurer un climat social apaisé pour permettre une gestion plus efficace du système éducatif et universitaire du pays.



