Dans son édition du mercredi 23 octobre, L’Observateur a relayé les déclarations de Mamadou Oumar Ndiaye, le nouveau président du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra). Il a souligné que le Premier ministre Ousmane Sonko et Amadou Bâ, président du mouvement « Nouvelle responsabilité », ne devraient pas débattre seuls durant cette période électorale. Une telle rencontre, selon lui, compromettrait « l’égalité, l’équité et l’équilibre dans le traitement médiatique des candidats ».
Malgré ces avertissements, les partisans du duel semblent déterminés à aller de l’avant. Dans un communiqué, l’École d’art oratoire et de leadership (Eao), dirigée par Cheikh Diallo, ancien conseiller en communication de Karim Wade, a affirmé que les deux protagonistes ont manifesté un intérêt fort pour cette confrontation télévisée, qui marquerait une première dans l’histoire politique sénégalaise.
Pour concrétiser cette rencontre, l’Eao s’active déjà à son organisation. Cheikh Diallo a déclaré : « Nous sommes totalement prêts. Nous avons établi les règles du jeu, en nous inspirant des meilleurs débats aux États-Unis et en France, tout en les adaptant à la sociologie locale. »
Le projet proposé comprend un débat de 90 minutes, réparties également entre le français et le wolof, avec la chaîne ITV d’Emedia comme diffuseur. Cette décision a été prise pour éviter toute rupture d’égalité, étant donné que la RTS est sous l’autorité du Cnra. Chaque participant disposera de 12 invités et se tiendra debout devant un pupitre avec un bloc-notes vierge et un stylo. Trois journalistes animeront les discussions, choisis par chaque camp et un troisième désigné par le Synpics.
Actuellement, seul le feu vert d’Amadou Bâ reste à obtenir, tandis qu’Ousmane Sonko a confirmé sa disponibilité pour débattre soit le 28, soit le 29 octobre, selon des sources proches de l’Eao.
La question demeure : le Cnra peut-il s’opposer à ce débat ? Certains juristes interrogés par Les Échos sont catégoriques : « Il n’est pas possible d’empêcher deux personnes d’échanger ou de débattre. Les médias organisent déjà des débats dans le cadre de la campagne. »
Ce débat s’annonce comme un événement marquant dans le paysage politique sénégalais, témoignant d’un engagement fort des acteurs en lice. Reste à voir comment il sera accueilli et quelles en seront les répercussions.



