Un document présumé émaner du parquet financier a récemment fait le tour des réseaux sociaux. Ce communiqué non daté ni signé indiquait que le parquet avait demandé au ministre de la Justice d’enclencher une procédure de levée de l’immunité parlementaire du député Farba Ngom. Ce dernier serait impliqué dans des transactions suspectes estimées à 125 milliards de FCFA, en sa qualité de maire des Agnam.
Cependant, selon Libération du lundi 13 janvier, ce communiqué n’était qu’un « projet » qui a malencontreusement fuité. Farba Ngom, interrogé par Source A, a démenti toute connaissance d’une telle procédure. « Je n’ai jamais été convoqué ou auditionné par cette juridiction. À ce jour, je n’ai reçu aucune convocation ni été informé d’une quelconque procédure », a-t-il déclaré.
Face à cette fuite, le procureur financier, El Hadji Alioune Abdoulaye Sylla, a publié un communiqué officiel. Il y précise que des rapports émanant de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) ont révélé l’existence de « mécanismes sophistiqués de blanchiment de capitaux ». Ces manœuvres auraient impliqué des sociétés écrans utilisées pour effectuer des transactions suspectes d’un montant provisoire de 125 milliards FCFA.
Sur la base de ces rapports, le parquet envisage d’ouvrir une information judiciaire pour association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux, escroquerie portant sur des fonds publics, corruption, trafic d’influence et abus de biens sociaux. Libération précise que dans le cadre de cette enquête, le parquet financier a saisi le ministre de la Justice pour demander la levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom. Par ailleurs, un homme d’affaires serait également ciblé par les investigations en cours.
Cette affaire, marquée par la fuite d’un document sensible, met en lumière des pratiques financières complexes qui pourraient avoir de lourdes conséquences politiques et judiciaires.



