Personne n’aurait pu l’imaginer, du moins jusqu’à hier. Lors de l’examen en commission technique du projet de loi d’amnistie, les députés de l’ex-Pastef ont adopté une position qui a pris tout le monde par surprise, suscitant de vives interrogations dans l’opinion publique.
Macky Sall semble déployer ses dernières stratégies politiques avant de quitter le pouvoir le 2 avril prochain, comme il l’a récemment annoncé. Après avoir fait appel au Parti démocratique sénégalais (Pds) pour le report de l’élection présidentielle, initialement prévue pour le 25 février dernier, il change de cap. Cette fois-ci, il a ciblé l’ex-Pastef d’Ousmane Sonko, son principal opposant. Que s’est-il réellement passé ? L’examen du projet de loi d’amnistie, qu’il a lui-même initié pour apaiser l’espace public, commence à produire des effets politiques, bien que le texte soit fortement critiqué par une partie de l’opposition, du pouvoir et de la société civile.
Lors de la réunion de la Commission des Lois ce mardi matin, les quatre députés de Pastef, dont Birame Souleye Diop, se sont tous abstenus. Une décision qui a surpris de nombreux observateurs de la scène politique sénégalaise.
Seuls les députés du Parti de l’unité et du rassemblement (Pur) ainsi que celui de Taxawu Sénégal ont rejeté le projet.
Concernant les deux députés du Parti démocratique sénégalais (Pds) présents dans ladite commission, l’un a voté pour, tandis que l’autre s’est également abstenu.
« À l’ex-Pastef, votre ambigüité sur le projet de loi d’amnistie ne vous différencie pas des politiciens habituels. Nous verrons à la plénière », a commenté Birahim Seck du Forum civil sur l’article de Seneweb annonçant l’adoption du projet de loi d’amnistie.
Du côté de Taxawu Sénégal, l’on se moque déjà des ex-alliés de Yewwi Askan wi. « Ils clamaient haut et fort être meilleurs que tous les autres hommes politiques, mais aujourd’hui, l’histoire a prouvé le contraire. Les membres du Pastef sont des politiciens dont les intérêts ne correspondent pas nécessairement à ceux de la Nation », a ironisé un élu et membre de la coalition « Khalifa Président ».
Un analyste politique, préférant attendre la plénière pour confirmer, a adopté une position prudente : « En politique, rien n’est impossible. Les intérêts et les positions peuvent changer ».
À ce jour, aucun démenti formel n’a été fourni concernant les rumeurs persistantes sur un supposé dialogue entre Macky Sall et Ousmane Sonko.
Malgré l’abstention de Pastef, le texte a été adopté grâce au soutien de la majorité présidentielle, en attendant la plénière prévue demain, mercredi.
Selon le texte, cette amnistie concerne toutes les personnes accusées de crimes commis entre le 1er février 2021 et le 25 février 2024, qu’elles aient été jugées ou non, dans le cadre de manifestations ou pour des motivations politiques. Aucune liste de noms n’est prévue. Bien que la période couverte par cette loi d’amnistie inclue le cas d’Ousmane Sonko et de Bassirou Diomaye Faye, ils pourraient en bénéficier.



