Face à une dette abyssale et des défis de gestion persistants, le gouvernement sénégalais, sous l’impulsion du Premier ministre Ousmane Sonko, affiche une volonté ferme de restructurer Air Sénégal. Entre enjeux de souveraineté, ambitions internationales et rationalisation des coûts, voici les grandes lignes du plan de sauvetage de la compagnie nationale.
Un héritage lourd : Plus de 90 milliards de dettes
Le constat dressé est sans appel : la compagnie nationale Air Sénégal traverse une zone de turbulences financières critiques. Avec une dette estimée à plus de 90, voire 100 milliards de FCFA, l’entreprise subit les conséquences d’un modèle de gestion passé jugé inefficace et trop dépendant de décisions politiques au détriment de la rentabilité économique.
L’exemple de la ligne Dakar-New York est frappant : chaque vol génère des coûts fixes exorbitants, notamment pour l’hébergement des équipages et la logistique, pesant lourdement sur une trésorerie déjà fragile.
Le modèle de réussite : L’inspiration Ethiopian Airlines
Pour redresser la barre, le nouveau gouvernement regarde vers l’est du continent. Ethiopian Airlines, doyenne des compagnies africaines créée en 1945, est citée comme la référence absolue. Le secret de sa réussite ? Une gestion rigoureuse, une vision à long terme et une autonomie vis-à-vis des interférences politiques directes. Le Sénégal ambitionne de suivre cette trajectoire en professionnalisant chaque palier de sa compagnie.
Faire du Sénégal un « Hub » incontournable
Le plan de redressement repose sur un atout naturel : la position géographique du Sénégal. Situé à la pointe de l’Afrique de l’Ouest, le pays est le point de jonction idéal entre l’Europe, les Amériques et le Moyen-Orient.
L’objectif est de transformer l’aéroport de Diass en une plaque tournante (hub) où Air Sénégal assurerait non seulement des vols vers Paris ou New York, mais étendrait aussi son réseau vers le Canada et renforcerait ses dessertes sous-régionales et domestiques. Pour soutenir cette ambition, l’État a déjà confirmé la commande de nouveaux appareils pour moderniser la flotte.
Souveraineté et Patriotisme Économique
Au-delà des chiffres, le sauvetage d’Air Sénégal est une question de souveraineté nationale. Pour Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye, posséder une compagnie forte est un levier indispensable pour :
- Le Tourisme : Faciliter l’accès à la destination Sénégal.
- L’Emploi : Créer des vocations et des postes qualifiés pour la jeunesse (pilotes, ingénieurs, personnel de bord).
- L’Économie : Sécuriser les flux d’affaires et les échanges commerciaux.
Conclusion : Vers une rupture dans la gestion
La réussite de ce redressement passera impérativement par une « volonté politique de bien faire ». Le gouvernement prône désormais une rupture avec les pratiques anciennes, en privilégiant l’expertise technique et la planification stratégique sur 5 à 10 ans. Le défi est immense, mais pour les autorités, « il n’y a pas de problèmes, que des solutions » pour que le pavillon sénégalais puisse enfin voler de ses propres ailes de manière durable.


