L’Assemblée nationale passe à la vitesse supérieure dans le dossier de la gestion des deniers publics. Les députés sont convoqués en séance plénière ce lundi 23 février 2026 pour examiner la mise en accusation de deux anciens ministres influents du régime de Macky Sall.
Le calendrier parlementaire s’accélère
L’annonce a été faite mercredi par Mbène Faye, vice-présidente de l’Assemblée nationale, en marge des débats sur la sécurité privée. « Je propose de reprendre nos travaux le lundi 23 février à 11 heures pour l’examen des projets de résolution de mise en accusation des anciens ministres Abdoulaye Diouf Sarr et Moussa Bocar Thiam », a-t-elle déclaré devant l’hémicycle.
Cette procédure fait suite à une saisine directe du ministère de la Justice. L’objectif est clair : traduire les deux ex-responsables devant la Haute Cour de Justice, seule juridiction habilitée à juger les membres du gouvernement pour des actes commis dans l’exercice de leurs fonctions.
Les griefs : Fonds Covid et gestion ministérielle
Les deux personnalités visées occupaient des postes stratégiques sous la précédente administration :
- Abdoulaye Diouf Sarr : Ancien ministre de la Santé au cœur de la tempête pandémique. Il est rattrapé par le rapport de la Cour des comptes de décembre 2022 pointant des irrégularités dans la gestion du fonds FORCE Covid-19 (1 000 milliards de FCFA).
- Moussa Bocar Thiam : Dernier ministre de la Communication et des Télécommunications de l’ère Sall, également cité dans le cadre de cette vaste opération de reddition des comptes.
La contre-attaque d’Abdoulaye Diouf Sarr
L’ancien ministre de la Santé n’a pas tardé à réagir. Dans un message publié sur sa page Facebook mercredi soir, il a clamé son innocence avec fermeté :
« Je tiens à rappeler avec clarté que le rapport de la Cour des comptes relatif à la gestion des fonds Covid-19 ne m’a imputé aucune infraction financière », a-t-il martelé, dénonçant implicitement une procédure sans fondement technique à son égard.
Une liste qui s’allonge
L’examen de ces résolutions n’est que la partie émergée de l’iceberg. D’autres figures majeures de l’ancien régime sont dans le viseur de la justice pour des motifs similaires issus du même rapport d’audit. Parmi eux figurent :
- Amadou Mansour Faye (Infrastructures)
- Moustapha Diop (Industrie/Microfinance)
- Aïssatou Sophie Gladima (Énergies)
- Ndèye Saly Diop Dieng (Femme/Famille)
Le vote de lundi sera un test crucial pour la majorité parlementaire et marquera un tournant décisif dans la volonté des nouvelles autorités de solder les comptes de la gestion passée.



