À peine installé au pouvoir, le président Bassirou Diomaye Faye voit déjà son nom circuler dans les projections de l’élection présidentielle de 2029. Si aucune déclaration officielle n’a été faite, cette hypothèse alimente débats et critiques, dans un contexte où les attentes sociales et politiques demeurent particulièrement élevées.
Pour une partie de l’opinion, évoquer dès maintenant une candidature à la réélection apparaît prématuré, voire contradictoire avec le discours de rupture porté lors de la campagne de 2024. Le président avait alors insisté sur la nécessité de rompre avec les pratiques politiciennes traditionnelles, appelant à une gouvernance axée sur les résultats plutôt que sur les calculs électoraux.
Les critiques soulignent également que le pouvoir actuel reste attendu sur des chantiers majeurs : amélioration du pouvoir d’achat, réforme de la justice, lutte contre la vie chère, emploi des jeunes et assainissement de la gouvernance publique. À ce stade, estiment-ils, le débat sur 2029 ne peut être dissocié d’un bilan encore en construction, voire insuffisant pour justifier une nouvelle ambition présidentielle.
Par ailleurs, certains observateurs s’interrogent sur la configuration du pouvoir exécutif, marquée par la forte présence politique du Premier ministre Ousmane Sonko. La répartition réelle des rôles, des responsabilités et du leadership au sommet de l’État continue de susciter interrogations et critiques, nourrissant le doute sur la lisibilité du projet présidentiel à long terme.
Dans les rangs de la société civile, des voix appellent à la vigilance démocratique. Elles rappellent que la promesse de changement ne saurait se limiter à un renouvellement des visages, mais doit s’accompagner d’une transformation profonde des pratiques institutionnelles. Toute candidature future, soulignent-elles, devra être fondée sur un respect strict des engagements pris et sur des résultats tangibles.
Ainsi, pour ses détracteurs, la question n’est pas de savoir si Bassirou Diomaye Faye peut se présenter en 2029, mais s’il parviendra, d’ici là, à convaincre par l’action plutôt que par l’anticipation politique. Dans cette perspective, toute évocation prématurée d’une candidature apparaît comme un test de crédibilité pour un pouvoir élu sur la promesse d’une rupture systémique.
Auteur: Marema Syll



