Le Projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 était au cœur de tensions entre le camp présidentiel et la majorité parlementaire détenue par Pastef. Le texte a finalement été déposé vendredi à l’Assemblée nationale. Son contenu met en évidence une dégradation de plusieurs indicateurs budgétaires.
Un déficit en forte hausse
Le déficit budgétaire prévu pour 2026 passe de 1 245,1 milliards de FCFA dans la Loi de finances initiale (LFI) à 1 735,2 milliards dans le PLFR.
Il représente désormais 7,6 % du PIB, contre 5,4 % initialement prévus. Cette évolution traduit une aggravation de près de 490 milliards de FCFA.
Le gouvernement explique cette situation par trois principaux facteurs : l’augmentation des subventions énergétiques, l’apparition de nouvelles dépenses prioritaires et le recul des recettes.
La facture énergétique explose
Les subventions à l’énergie connaissent une progression particulièrement importante. Alors que 250 milliards de FCFA avaient été prévus dans la LFI, leur montant est réévalué à 790,3 milliards dans le PLFR.
L’écart atteint ainsi 540,3 milliards de FCFA. Le gouvernement met notamment en avant la hausse des cours du pétrole, qui ont dépassé les 100 dollars le baril.
Pour financer ces dépenses supplémentaires, l’État indique avoir procédé à des réductions sur certains postes, tout en préservant notamment les dépenses sociales, les infrastructures universitaires et la sécurité.
555 milliards de moins pour les investissements
Les investissements font également l’objet d’importants ajustements. L’État prévoit une réduction globale de 555 milliards de FCFA.
Cette baisse concerne aussi bien les investissements financés sur ressources internes, à hauteur de 315,7 milliards, que ceux financés sur ressources extérieures, pour 239,3 milliards.
Selon le gouvernement, ces arbitrages tiennent compte de l’état d’avancement des projets, des décaissements réalisés et de leur impact sur la formation brute de capital fixe.
Les recettes budgétaires revues à la baisse
Autre évolution notable : les recettes budgétaires diminuent. Elles passent de 6 188,8 milliards de FCFA dans la LFI à 5 848,7 milliards dans le PLFR, soit une baisse d’environ 340 milliards.
Le Plan de redressement économique et social (PRES) constitue une partie importante de cette contre-performance. Les recettes attendues de cette stratégie sont désormais estimées à 311,5 milliards de FCFA, contre 762,9 milliards initialement prévus.
La différence atteint ainsi 451,4 milliards de FCFA.
Des dépenses pourtant en hausse
Malgré le recul des recettes, les dépenses de l’État progressent. Elles passent de 7 433,9 milliards de FCFA dans la LFI à 7 583,9 milliards dans le PLFR, soit une hausse de 150 milliards.
La principale augmentation concerne les biens, services et transferts courants. Leur enveloppe passe de 1 650 milliards à 2 185 milliards de FCFA.
Cette progression de 535 milliards est notamment liée à la hausse des subventions énergétiques, mais aussi à de nouvelles dépenses concernant les filets sociaux, les forces de défense et de sécurité ainsi que les compléments de salaires dans le secteur de la santé.
La charge des intérêts de la dette augmente
Le coût des intérêts de la dette connaît également une hausse. L’État avait initialement prévu 1 190,6 milliards de FCFA pour ce poste. Le montant est désormais porté à 1 285,2 milliards, soit 94,6 milliards supplémentaires.
Le gouvernement attribue cette progression à l’augmentation des taux d’intérêt et au recours accru à certains instruments de financement à court terme.
Plus de 6 774 milliards de besoins de financement
Au total, les besoins de financement de l’État sont évalués à 6 774,2 milliards de FCFA dans le PLFR.
Cette somme comprend notamment 4 516,2 milliards destinés à l’amortissement de la dette et 1 735,2 milliards correspondant au financement du déficit budgétaire. S’y ajoutent 300 milliards pour l’apurement d’arriérés intérieurs, 172,8 milliards d’emprunts rétrocédés et 50 milliards pour les opérations extérieures des Armées.
Pour couvrir ces besoins, le PLFR prévoit notamment 5 626,4 milliards de FCFA d’emprunts sur les marchés financiers et d’emprunts-programmes, ainsi que 975 milliards d’emprunts-projets.
Parallèlement, le gouvernement annonce un renforcement de certaines dépenses sociales. L’enveloppe consacrée aux bourses de sécurité familiale passe ainsi de 35 à 70 milliards de FCFA, soit un doublement.



