Au lendemain de son audition devant la commission d’enquête parlementaire sur le patrimoine bâti de l’État, l’ancien ministre Abdou Karim Fofana critique vivement les méthodes des députés. S’il défend le principe du contrôle parlementaire, il dénonce des échanges tendus et estime n’avoir pas pu s’exprimer librement.
Invité sur les ondes de la RFM ce mardi, Abdou Karim Fofana a livré sa lecture de son audition, lundi, devant la commission parlementaire. L’ancien ministre de l’Urbanisme reconnaît l’importance de ces investigations pour la transparence et la reddition des comptes, mais appelle les députés à davantage de respect envers les personnes convoquées.
« Il faut un minimum de décence et de respect pour les citoyens sénégalais et les agents de l’administration qui ont eu à travailler sur des dossiers », a-t-il déclaré.
« On m’interdisait de contextualiser »
Abdou Karim Fofana reproche aux parlementaires de l’avoir interrompu à plusieurs reprises, notamment lorsque ses réponses ne correspondaient pas, selon lui, à leurs attentes.
« À chaque fois que je donnais une réponse qui n’allait pas dans le sens, peut-être, de leurs attentes, on me coupait. Ce n’est pas décent », a-t-il déploré.
Pour l’ancien ministre, une commission d’enquête doit permettre aux personnes auditionnées de développer leurs arguments, sans subir de pression visant à leur faire livrer des réponses prédéterminées.
Une enquête parlementaire contestée dans ses méthodes
Le ton est monté d’un cran lorsque Abdou Karim Fofana a décrit son ressenti face aux échanges avec les députés : « Moi, j’ai eu le sentiment, hier, que j’étais dans une cour d’inquisition qui souhaitait me faire dire des choses qui ne sont pas réelles, des choses qui allaient dans le sens de leur projet politique. »
Ces propos traduisent les réserves de l’ancien ministre sur la conduite de l’audition. Ils relancent le débat sur l’équilibre entre la nécessité d’interroger les responsables publics et celle de garantir des échanges permettant aux personnes convoquées de répondre pleinement aux questions des parlementaires.



