Le président américain Donald Trump a annoncé que l’accord sur le développement d’un programme nucléaire civil en Arabie saoudite ne pourra entrer en vigueur que si Riyad normalise ses relations avec Israël. Une condition qui relance les enjeux diplomatiques au Moyen-Orient et ravive les débats sur la prolifération nucléaire dans la région.
Révélé dans la nuit de mercredi à jeudi, cet accord, signé par le secrétaire américain à l’Énergie Chris Wright et le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdelaziz ben Salmane, doit encore être approuvé par le Congrès américain.
Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a affirmé que le texte « sera approuvé, mais il est entièrement conditionné à l’adhésion de l’Arabie saoudite aux accords d’Abraham », ces accords de normalisation conclus en 2020 entre Israël et plusieurs pays arabes, dont les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc.
L’accord prévoit de poser les bases d’une coopération de long terme dans le domaine du nucléaire civil et ouvre la voie à la construction de centrales nucléaires en Arabie saoudite, qui dépend aujourd’hui principalement du pétrole et du gaz pour sa production d’électricité.
L’annonce intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par la reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran. Washington présente ce partenariat comme un moyen de renforcer un allié stratégique tout en garantissant le respect des normes internationales en matière de sûreté nucléaire et de non-prolifération.
Donald Trump a toutefois assuré qu’il n’y aurait « aucun enrichissement » d’uranium en Arabie saoudite, malgré des informations de presse évoquant la possibilité d’un futur complexe d’enrichissement sous certaines conditions.
L’accord suscite néanmoins de vives critiques aux États-Unis. Plusieurs élus démocrates, dont les sénateurs Chris Murphy et Bernie Sanders, estiment qu’il pourrait favoriser une course aux armements nucléaires au Moyen-Orient et dénoncent ce qu’ils considèrent comme une contradiction dans la politique américaine vis-à-vis de l’Iran et de l’Arabie saoudite.
À l’inverse, des experts soulignent que ce partenariat permettrait aux États-Unis de consolider leur influence dans la région face à la Russie et à la Chine, tout en répondant aux ambitions énergétiques de Riyad.
De son côté, Israël a salué la condition posée par Washington, estimant qu’une reconnaissance officielle par l’Arabie saoudite constituerait « un bond historique » pour la paix régionale. Riyad n’a, pour l’heure, pas réagi officiellement à cette annonce.



