La nouvelle cheffe du gouvernement marocain, Fatima Ezzahra El Mansouri, a présenté, lundi 19 octobre, devant le Parlement, les grandes orientations de son programme pour les cinq prochaines années. Pouvoir d’achat, emploi des jeunes, réforme de l’éducation et lutte contre la corruption figurent parmi les priorités de son mandat, dans un contexte marqué par une forte abstention électorale et des attentes sociales considérables.
Pendant près de 40 minutes, la Première ministre a exposé les principales mesures destinées à répondre aux préoccupations des Marocains. Parmi les engagements annoncés figurent le relèvement progressif du minimum des pensions de retraite à 3 000 dirhams, soit environ 273 euros par mois, ainsi que le renforcement de l’aide sociale directe. Celle-ci devrait passer de 50 à 100 euros d’ici à la fin du quinquennat, avec un ciblage fondé sur les revenus réels des bénéficiaires. Le gouvernement prévoit également d’encadrer les prix de certains produits de première nécessité et de réorganiser les circuits de commercialisation de la viande et du poisson afin de réduire le nombre d’intermédiaires et de contenir la hausse du coût de la vie.
Sur le plan économique, Fatima Ezzahra El Mansouri affiche des ambitions élevées, avec un objectif de croissance annuelle de 5 % dès 2027 et une inflation maintenue sous la barre des 2 %. Consciente des inégalités dans la répartition des bénéfices du développement, elle entend également faire de l’emploi des jeunes un chantier prioritaire. Dès l’année prochaine, 100 000 jeunes devraient bénéficier d’un programme de formation et d’accompagnement vers une première expérience professionnelle. Dans le secteur éducatif, l’exécutif ambitionne de permettre à 80 % des élèves marocains de maîtriser les savoirs fondamentaux d’ici à 2031.
La nouvelle cheffe du gouvernement a, par ailleurs, réaffirmé son engagement en faveur de la réforme du Code de la famille, de la préservation de l’identité nationale et du renforcement de l’État de droit. Sur le dossier du Sahara occidental, elle a assuré que la défense du plan d’autonomie marocain resterait au premier rang des priorités nationales. Mais c’est surtout sur le terrain de la gouvernance que son discours est particulièrement attendu. Plus d’un an après le mouvement de la génération Z, qui a notamment mis en lumière les frustrations d’une partie de la jeunesse, Fatima Ezzahra El Mansouri entend restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions. Elle a ainsi placé la lutte contre la corruption et les conflits d’intérêts au cœur de son programme, annonçant son intention de criminaliser l’enrichissement illicite. Reste désormais à traduire ces engagements en résultats concrets, alors que le gouvernement devra convaincre une population dont une large partie s’est détournée des urnes lors des dernières élections législatives.



