La controverse autour du marché d’électrification rurale porté par l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) connaît un nouveau rebondissement. AEE Power Senegal S.A. a publié un démenti à la suite des déclarations de José Ángel González Tausz dans un entretien accordé au groupe WALF, dans lequel celui-ci accusait la société sénégalaise et son administrateur général, Saïdou Kane, de tentative d’escroquerie liée à la falsification présumée d’un reçu fiscal.
Dans son communiqué, AEE Power Senegal rejette fermement ces accusations, qu’elle qualifie de « sans fondement documentaire ». La société affirme que son rôle de mandataire et d’agent exclusif dans l’exécution du marché n°T0296/2024 avait été établi à travers plusieurs actes contractuels, notamment avec AEE Power EPC, et confirmé par la banque Santander.
Une confrontation judiciaire au cœur du dossier
AEE Power Senegal revient également sur la confrontation entre Saïdou Kane et José Ángel González Tausz devant le Doyen des juges d’instruction du Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar.
Selon la société sénégalaise, le dirigeant de la firme espagnole n’aurait pas été en mesure d’établir que les documents présentés comme faux provenaient d’AEE Power Senegal ou de ses dirigeants.
Autre point soulevé par l’entreprise : la date d’enregistrement du contrat T0296/24/DK. AEE Power Senegal affirme que González Tausz aurait déclaré avoir enregistré gratuitement le contrat le 28 juin 2024, alors que Saïdou Kane et ses équipes l’auraient déjà fait enregistrer le 6 mars 2024, après une autorisation exceptionnelle délivrée par le ministère des Finances.
Une plainte pénale déposée en 2025
AEE Power Senegal indique par ailleurs avoir déposé, le 20 janvier 2025, une plainte pénale avec constitution de partie civile contre José Ángel González Tausz et AEE Power EPC. La procédure, introduite par le Cabinet Boubacar Koïta & Associés, porte notamment sur des faits présumés d’abus de confiance, faux, usage de faux et dénonciation calomnieuse.
La société sénégalaise soulève également des interrogations concernant l’utilisation de l’avance de démarrage de 36,733 milliards de francs CFA, mise à disposition par la banque Santander. Celle-ci aurait exprimé des inquiétudes concernant le niveau du solde restant alors que les travaux n’avaient pas encore débuté.
AEE Power Senegal évoque enfin une ordonnance de la Cour suprême faisant état d’un « soupçon de prévarication des deniers publics », ainsi que des garanties d’assurance émises par la SONAC dont les primes n’auraient pas été acquittées avant leur délivrance.
L’entreprise affirme rester disponible pour collaborer avec les autorités judiciaires et de régulation et se réserve le droit d’engager toute démarche nécessaire pour défendre ses intérêts et la réputation de son administrateur général.



