Le gouvernement malien a annoncé la levée, pour une durée de six mois, de l’interdiction d’importer et de commercialiser les kits Starlink, ces dispositifs permettant un accès à internet via satellite. Cette décision, prise lors du conseil des ministres de mercredi, fait suite à des préoccupations liées à l’utilisation de cette technologie dans un pays où la couverture internet est inégale, notamment dans les zones reculées.
La junte malienne avait initialement décidé, en mars dernier, de « démanteler et interdire » les terminaux Starlink sur tout le territoire national. Ce réseau de satellites, propriété du milliardaire Elon Musk, permet de fournir un accès à internet dans des régions difficiles d’accès ou non desservies par les opérateurs traditionnels, comme c’est le cas dans plusieurs régions du Mali.
À l’époque, les autorités avaient exprimé leurs craintes quant à l’utilisation non autorisée des kits par des organisations non gouvernementales, des particuliers, et surtout dans les zones du nord et de l’est du pays, en proie à l’insécurité provoquée par les groupes séparatistes et jihadistes. Elles soulignaient alors que l’utilisation incontrôlée de cette technologie, non homologuée au Mali, pouvait faciliter les actions des groupes armés et portait atteinte aux régulations du marché.
Cependant, après plusieurs mois d’examen auprès des acteurs de télécommunications, des fournisseurs d’accès à internet et des régulateurs sous-régionaux, la junte a décidé d’assouplir temporairement cette interdiction. L’importation et la commercialisation des kits Starlink sont désormais autorisées pour une période de six mois. Ce délai permettra de mettre en place un cadre réglementaire adapté et une plateforme d’enregistrement et d’identification des utilisateurs.
Le conseil des ministres a également reconnu que, malgré l’interdiction initiale, les kits déjà vendus et installés continuaient à fonctionner, soulignant que certains d’entre eux pourraient être tombés entre de mauvaises mains.
Le Mali, en proie à une crise multidimensionnelle depuis 2012, lutte contre la propagation jihadiste, des insurrections séparatistes et diverses actions de groupes armés. Depuis les coups d’État de 2020 et 2021, le pays est dirigé par une junte militaire.



