Dans une démarche marquante, l’extrême droite européenne, représentée notamment par le groupe des Patriotes dirigé par Jordan Bardella, a proposé le nom d’Elon Musk pour le prestigieux prix Sakharov sur les droits humains. Cette nomination a été faite en reconnaissance de sa contribution à la « liberté d’expression ».
Jeudi, tous les groupes politiques du Parlement européen ont présenté leurs candidats pour ce prix, qui récompense chaque année des défenseurs des droits de l’homme et de la liberté de pensée. Parmi les candidats soutenus par l’extrême droite, les Patriotes et le petit groupe « Europe des nations souveraines » ont unanimement choisi Musk, un fervent partisan de Donald Trump et le controversé patron des réseaux sociaux, Tesla et SpaceX.
Cependant, cette nomination intervient alors que Musk est en conflit ouvert avec la Commission européenne, qui envisage de lui imposer une amende importante en raison de potentielles violations de son nouveau règlement sur les services numériques. Thierry Mariani, eurodéputé du RN/Patriotes, a affirmé que cette candidature ne visait pas à défier la Commission. Selon lui, Elon Musk travaille sur X pour instaurer un « débat véritablement libre et indépendant », arguant que la « liberté d’expression est menacée par l’idéologie woke et l’islamisme intégriste ».
D’autres groupes politiques ont également présenté leurs candidats. Le groupe ECR, qui inclut Fratelli d’Italia, le parti d’extrême droite de Giorgia Meloni, a proposé Edmundo González Urrutia, un candidat de l’opposition vénézuélienne. Le Parlement européen a récemment voté une résolution symbolique le reconnaissant comme « président légitime » face à Nicolas Maduro, proclamé vainqueur des élections.
Le PPE, principale force politique au Parlement, a également soutenu Urrutia ainsi que Maria Corina Machado, cheffe de l’opposition vénézuélienne. Les centristes de Renew Europe et les sociaux-démocrates plaident pour « Women Wage Peace » et « Women of the Sun », deux organisations israélienne et palestinienne œuvrant pour la paix au Proche-Orient. Les Verts, quant à eux, soutiennent Gubad Ibadoghlu, un économiste et activiste en détention en Azerbaïdjan.
Le groupe de la gauche radicale a proposé de récompenser les « journalistes en Palestine », y compris plusieurs qui ont perdu la vie en couvrant la guerre à Gaza.
Un vote pour sélectionner trois finalistes se tiendra le 17 octobre, suivi de la désignation du lauréat le 24 octobre. La cérémonie de remise du prix est prévue pour le 18 décembre. L’année dernière, le prix Sakharov avait été attribué à Mahsa Amini, une jeune Kurde iranienne décédée en 2022, ainsi qu’au mouvement « Femme Vie Liberté », qui a été réprimé avec violence en Iran.



