Le limogeage controversé de El Hadji Djily Mbaye Lô de son poste de coordonnateur du Programme national de développement des agropoles du Sénégal, remplacé par Aïssatou Diallo, a soulevé des tensions notables lors de la cérémonie de passation de services. La gendarmerie a même été déployée, marquant ainsi un événement sous haute tension.
M. Lô, contestataire de son limogeage, a justifié son rôle dans la phase initiale de formulation des agropoles et a exprimé son désaccord avec la décision prise à son encontre.
Interrogé sur cette affaire lors de son passage à l’émission « Le Jury du Dimanche » sur I-radio, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Dr Serigne Guèye Diop, a évoqué les performances jugées insatisfaisantes du projet sous la direction de M. Lô. Il a fait référence à un audit récent de la Banque africaine de développement, classant le projet en question sur une liste rouge en raison de résultats insuffisants. Le ministre a souligné un taux d’exécution de seulement 38% sur plusieurs années, indiquant ainsi des lacunes significatives dans la gestion et la réalisation du projet.
Dr Serigne Guèye Diop a également critiqué le choix de M. Lô en tant que coordonnateur, le qualifiant de sociologue dont les qualifications pour diriger des projets industriels ou agronomiques complexes sont insuffisantes selon les spécifications requises. Il a affirmé que la décision de mettre fin au financement du projet par la Banque africaine de développement était motivée par ces lacunes de performance.
Concernant les démarches juridiques de M. Lô, le ministre a souligné qu’il avait le droit de réclamer ses droits par les voies légales appropriées, mais a critiqué les attaques publiques de M. Lô contre le gouvernement et ses institutions.
Pour pallier cette transition, M. Konaté, ancien Directeur régional de l’Agriculture du Sud, a été désigné pour assurer l’intérim jusqu’à la nomination d’un nouveau coordonnateur par concours.
Cette affaire soulève des questions sur la gestion des ressources humaines dans les projets d’envergure nationale et met en lumière les défis politiques et administratifs auxquels le Sénégal est confronté dans la mise en œuvre de ses programmes de développement agricole.



