Hier soir, j’ai eu mal. Très mal. Et je l’avoue : je suis en colère.
En écoutant le Président Bassirou Diomaye Faye sur RFI et France 24, j’ai eu le sentiment d’assister à une scène que je n’aurais jamais imaginée après le 24 mars 2024.
Le Président de la République a défendu la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Plus grave encore, il a mis en avant son expérience et sa capacité, selon lui, à aider les Africains à mieux gérer leurs finances publiques.
Cette déclaration m’a profondément choqué.
Parce que je refuse, pour ma part, de faire semblant d’avoir oublié.
Sous Macky Sall, 7 milliards de dollars de dette cachée ont été constatés et documentés. Je l’affirme et cela m’engage.
Comment peut-on alors présenter celui qui a présidé aux destinées du Sénégal pendant douze ans comme une référence pour aider l’Afrique à mieux gérer ses finances publiques ?
Il faut une sacrée dose d’amnésie politique pour oser faire abstraction d’un tel bilan.
Les chiffres de la dette sénégalaise ont été profondément révisés après l’alternance. Le FMI lui-même a confirmé une réévaluation majeure de la dette publique et l’existence d’emprunts qui n’avaient pas été correctement divulgués.
Alors oui, Monsieur le Président, nous avons le droit de poser des questions.
Et nous avons surtout le droit d’être en colère.
Car ce n’est pas seulement une question de chiffres.
C’est une question de mémoire.
C’est une question de respect pour les victimes.
C’est une question de respect pour ces milliers de Sénégalais qui ont affronté la répression, les arrestations, les violences et les interdictions pour permettre au peuple de tourner la page du régime de Macky Sall.
Plus de 86 jeunes Sénégalais ont perdu la vie durant cette période de violences politiques : ce chiffre, je l’assume également dans mon combat pour la mémoire.
Et aujourd’hui, à peine deux ans après l’alternance, celui qui était au cœur de ce système est présenté sous un jour presque idyllique.
Comme si rien ne s’était passé.
Comme si les familles des victimes pouvaient oublier.
Comme si les jeunes qui ont battu le macadam jour et nuit pouvaient effacer leurs blessures.
Comme si ceux qui ont payé le prix fort pour le changement pouvaient simplement détourner le regard.
Non !
Je refuse cette amnésie.
Je refuse cette réécriture de notre histoire.
Et je refuse surtout que, sous prétexte de diplomatie internationale, on demande au peuple sénégalais d’oublier ce qu’il a vécu.
Le Président Bassirou Diomaye Faye connaît pourtant cette histoire mieux que personne.
Il fut lui-même victime de la répression du régime de Macky Sall.
Il sait ce que des milliers de Sénégalais ont enduré.
Il sait aussi que son accession à la magistrature suprême n’est pas le fruit du hasard.
Le 24 mars 2024 est le résultat d’un immense sacrifice collectif.
Et dans cette victoire, le rôle d’Ousmane Sonko et de tous ceux qui ont porté ce combat ne peut être effacé.
Le souverainisme, c’est aussi la souveraineté de notre mémoire.
C’est regarder notre histoire en face.
C’est respecter les morts.
C’est respecter les familles des victimes.
C’est exiger la vérité sur les finances publiques.
C’est refuser que les intérêts politiques du moment conduisent à blanchir un passé encore brûlant.
Le peuple se souvient.
Vive le peuple sénégalais debout.
Vive le Sénégal souverain.
Vive la mémoire de ceux qui sont tombés pour la démocratie.
Avec Ousmane Sonko Président du Sénégal en 2029.
Aly KONATÉ
Spécialiste en énergie
Consultant indépendant
Commissaire adjoint à l’Énergie
Membre du Bureau exécutif du MONCAP



