À partir de ce mercredi, la vaccination contre les méningocoques sera élargie en France en réponse à une recrudescence des infections bactériennes responsables de méningites graves.
Qu’est-ce que les méningocoques ?
Les méningocoques sont des bactéries responsables de méningites très contagieuses, en particulier chez les enfants et les adolescents. Bien qu’elles ne soient pas la seule cause de méningites, une inflammation des membranes du cerveau ou de la moelle épinière, les infections bactériennes sont les plus dangereuses. En l’absence de traitement, ces infections peuvent être fatales rapidement. Même avec un traitement, la mortalité reste élevée, autour de 10%, et des séquelles comme des amputations, des troubles cognitifs ou de la surdité sont fréquentes. De plus, les méningocoques se transmettent facilement d’une personne à l’autre, favorisant ainsi la propagation des épidémies, ce qui a conduit au développement de vaccins.
Pourquoi élargir la vaccination ?
Les nouvelles recommandations visent à mieux protéger les nourrissons face à une recrudescence inquiétante des infections ces dernières années, a souligné le ministère de la Santé. Cette reprise des cas est en partie due aux mesures sanitaires prises lors de la pandémie de Covid-19. Les restrictions ont non seulement limité l’exposition aux méningocoques, mais elles ont aussi entravé la vaccination. Selon les derniers chiffres du Centre national de référence des méningocoques de l’Institut Pasteur, plus de 500 cas ont été recensés entre janvier et novembre 2024, marquant une légère augmentation par rapport à la même période en 2023. En effet, 2024 enregistre le plus grand nombre de cas depuis 20 ans.
L’évolution des souches bactériennes
Une autre raison d’intensifier la vaccination réside dans l’évolution des souches bactériennes. Les méningocoques sont classés en plusieurs groupes, notamment A, B, C, W et Y. Longtemps dominée par les souches B et C, l’épidémie a vu la souche C se réduire, tandis que les souches W et Y, particulièrement virulentes, ont gagné du terrain. Cette évolution a entraîné une hausse de formes atypiques d’infection, parfois plus difficiles à diagnostiquer. Jusqu’à présent, seules les souches B et C étaient couvertes par les vaccinations, mais cela est désormais jugé insuffisant par les spécialistes.
Ce qui change avec le nouveau plan de vaccination
À partir de janvier 2025, la vaccination contre les méningocoques sera étendue. Pour les nourrissons, la vaccination contre toutes les souches A, B, C, W et Y deviendra obligatoire. Les adolescents bénéficieront également d’une dose de rappel entre 11 et 14 ans pour les souches A, C, W et Y. Cette dose n’est pas obligatoire, mais elle sera largement remboursée par l’Assurance Maladie. En revanche, la vaccination anti-B restera uniquement recommandée pour les plus jeunes enfants.
Quels vaccins seront utilisés ?
Un vaccin tétravalent, couvrant les souches A, C, W et Y, sera administré aux nourrissons, avec deux doses successives à 6 et 12 mois. Si un nourrisson a déjà reçu une première dose de vaccin en 2024, la deuxième dose sera bien celle du vaccin tétravalent. Les plus grands recevront une dose de rappel avec l’un des vaccins suivants : Nimenrix, Menquadfi ou Menveo. Le vaccin anti-B, quant à lui, sera administré en trois doses successives pour les nourrissons avec le Bexsero de GSK.
Cette extension de la vaccination vise à mieux protéger les populations les plus vulnérables et à endiguer la montée des infections bactériennes menaçant la santé publique.



