La Cour des comptes a récemment publié un rapport qui semble suggérer que le groupement Ecotra-Tauber a bénéficié de traitements préférentiels de la part de l’État sénégalais. Cependant, des sources proches du dossier affirment que la réalité est bien différente : ce sont en fait les fonds destinés à ces entreprises privées qui auraient été détournés par l’État, causant ainsi un grave préjudice aux entreprises concernées.
Les retards constatés dans les travaux de voirie et d’assainissement au Pôle urbain de Diamniadio devraient, selon ces sources, être attribués aux services de l’État et non à l’entrepreneur. Contrairement à ce que pourrait suggérer le rapport, il n’y a aucune mention que l’entreprise Ecotra a été indûment payée. En effet, après la signature du contrat pour des infrastructures clés en main, Ecotra a entrepris de mobiliser plus de 140 milliards de francs CFA nécessaires à l’exécution des travaux, comme prévu par le contrat. Ce marché avait été attribué à la suite d’un appel d’offres lancé par l’État du Sénégal, dont l’existence avait été relayée par des médias locaux.
Une fois le financement sécurisé par les bailleurs, ces fonds ont été déposés dans les comptes de l’État. Toutefois, ce dernier aurait détourné ces sommes à des fins autres que celles initialement prévues, ce qui a provoqué un blocage des travaux jusqu’à ce que l’État commence à rembourser en puisant dans d’autres financements internationaux.
Le rapport de la Cour des comptes aurait ainsi induit en erreur en affirmant que « l’État a pris l’option d’emprunter, entre 2019 et 2021, des fonds auprès des bailleurs et partenaires pour la réalisation des travaux ». Selon le rapport, la BOAD, la BID/Cedeao et la Société Générale auraient respectivement prêté 30 milliards, 15 milliards et 101 millions d’euros (soit 66 milliards de francs CFA). Cependant, il est important de noter qu’un accord de prêt de 140 milliards avait été signé en mai 2017 entre l’État du Sénégal, la Banque islamique du Sénégal et l’entreprise Ecotra pour ces travaux spécifiques.
Les magistrats de la Cour des comptes n’ont pas requis le remboursement de l’argent prétendument versé à Ecotra, sachant que l’entreprise avait besoin de ces fonds pour réaliser le marché. Si l’État a emprunté auprès de partenaires étrangers, c’était pour compenser les fonds détournés qui étaient destinés aux travaux. En conséquence, Ecotra aurait dû réclamer des pénalités de retard à l’État en raison de ce détournement de fonds, ce qui reflète la complexité et les répercussions financières de cette situation.



