Lors du congrès de PASTEF organisé ce dimanche à Dakar Arena, le président du parti, Ousmane Sonko, a profité de son intervention pour répondre aux critiques et aux spéculations évoquant de prétendues tensions au sommet de l’État. Face à des milliers de militants, il a dénoncé ce qu’il appelle les « marchands de crise », accusés d’alimenter artificiellement l’idée d’un conflit institutionnel.
Revenant sur les turbulences qui ont traversé le parti ces derniers mois, le leader des Patriotes a estimé que cette période de remise en question était désormais derrière eux. « Nous sommes sortis de la première phase de clarification », a-t-il déclaré, assurant que PASTEF ressort renforcé de cette séquence. Selon lui, la formation politique demeure la principale force du pays et dispose encore d’une importante marge de progression. « PASTEF est plus que jamais la plus grande force politique du pays. Si nous sommes à 54 % aujourd’hui, nous serons à 75 % demain », a-t-il affirmé.
Le Premier ministre a également revendiqué le rôle central de la Primature dans la conduite des réformes engagées depuis l’accession du parti au pouvoir. Il a notamment cité la lutte contre la corruption, les réformes de la justice, la renégociation de certains contrats stratégiques ainsi que les initiatives visant à récupérer les avoirs publics. Selon lui, ces actions traduisent une volonté claire de rupture avec les anciennes pratiques de gouvernance.
Abordant les relations entre les différentes institutions, Ousmane Sonko a reconnu l’existence de certaines incompréhensions, tout en soulignant qu’elles étaient prévisibles. C’est dans cette perspective, a-t-il expliqué, que le parti avait choisi d’organiser rapidement une assemblée de clarification.
Mais le moment fort de son discours a été sa charge contre ceux qu’il accuse de tirer profit des supposées tensions entre les centres de pouvoir. Sans désigner explicitement de personnes, il a dénoncé des acteurs qui, selon lui, entretiennent volontairement le récit d’une crise institutionnelle. « Les marchands de crise, qui se nourrissent de cela, qui sont reçus au Palais et qui en sortent avec des enveloppes, veulent faire croire aux Sénégalais qu’il existe une crise institutionnelle. Ce n’est pas le cas », a-t-il déclaré.
Pour le chef de PASTEF, la configuration actuelle du pouvoir ne doit en aucun cas être interprétée comme un affrontement entre responsables de l’État. Il a insisté sur le fait que les compétences et responsabilités de chaque institution sont clairement définies par la Constitution. « Il n’y a pas de crise. Cette configuration n’est pas synonyme de guerre. La Constitution sépare les rôles entre l’Exécutif et le Législatif », a-t-il conclu.


