L’État sénégalais a décidé de marquer le 80ème anniversaire du massacre des tirailleurs sénégalais et africains survenu en 1944 au camp de Thiaroye. Les préparatifs de cette commémoration ont commencé avec la création d’un Comité ad hoc cette semaine.
Alioune Tine, fondateur d’Afrikajom, a exprimé son soutien à cette initiative des autorités sénégalaises. Il a salué « l’excellente décision de prendre en charge la commémoration de ce massacre, où des tirailleurs venus de l’Afrique francophone ont été victimes du commandement français ».
Tine rappelle que ces tirailleurs ont été assassinés pour avoir simplement réclamé les primes qui leur étaient dues. « Ce massacre est l’un des nombreux crimes contre l’humanité perpétrés par la colonisation française à Thiaroye. La France doit enfin assumer sa responsabilité dans ce contentieux historique tragique. Elle doit faciliter la vérité sur cet événement pour améliorer les relations avec les jeunes générations africaines, qui exigent le respect de la dignité humaine », a-t-il affirmé sur X ce jeudi 1er août.
Il insiste sur la nécessité pour l’État français de reconnaître sa responsabilité, d’assumer les conséquences, et de mener des réparations tout en préservant la mémoire des faits.
« Aujourd’hui, ce sont les descendants des tirailleurs sénégalais qui rendent hommage à leurs ancêtres, suivant les pas du poète Léopold Sédar Senghor et du cinéaste Ousmane Sembène. Il est important de faire de cet événement une commémoration africaine, et non seulement sénégalaise. C’est l’occasion de remobiliser l’opinion sur la protection de la vie et de la dignité des Africains, en soulignant que ce massacre était un acte de racisme. Nous devons continuellement nous battre contre le racisme et faire entendre le message que les vies noires comptent. Il est crucial de le rappeler aux leaders mondiaux », a conclu Alioune Tine.



