Le 8 août 2024, le tribunal correctionnel de Dakar a rejeté la plainte en diffamation déposée par Mansour Faye, beau-frère de l’ancien président Macky Sall, à l’encontre d’Aminata Touré. Cette décision marque un tournant dans l’affaire opposant l’ancien ministre du Développement communautaire, de l’Équité sociale et territoriale, à l’ancienne présidente du Conseil économique, social et environnemental (CESE).
Lors du procès, Aminata Touré avait fermement défendu ses propos, refusant de présenter des excuses à Mansour Faye. Elle avait exprimé son espoir que Faye soit tenu responsable des accusations portées à son encontre concernant la gestion des fonds alloués au Covid-19. Selon Touré, les accusations de « carnage financier » étaient étayées par un rapport de la Cour des comptes, révélant une surfacturation de 2 milliards 749 millions de francs CFA dans l’achat de riz par le ministère dirigé par Faye.
Au cours du procès, Aminata Touré a affirmé qu’elle n’était pas la seule à critiquer la gestion de ces fonds. « Cette affaire est la conséquence d’une série de harcèlements orchestrés par le président Macky Sall, dont Mansour Faye n’est qu’un élément », a-t-elle déclaré. Elle a précisé que ses accusations étaient fondées sur les conclusions du rapport définitif de la Cour des comptes sur le fonds Force Covid-19, notamment aux pages 100 et 101.
Touré a également souligné que la surfacturation constatée se chiffrerait à 2,7 milliards de francs CFA, soulignant l’ampleur du scandale financier. Elle a ajouté que 20 députés avaient également appelé à ce que Mansour Faye soit jugé par la Haute Cour de justice de la CEDEAO pour ces irrégularités. « Avec cette somme, on aurait pu construire des hôpitaux alors que des Sénégalais mouraient de faim et dans les hôpitaux », a-t-elle conclu.
Cette décision du tribunal met un terme, pour l’instant, à une affaire qui a suscité une vive attention médiatique et politique au Sénégal.



