Yaya Abdoul Kane prend la défense de Serigne Bassirou Guèye, ancien procureur de Dakar, dans la controverse liée à l’attribution de villas relevant du patrimoine public. Auditionné par la commission d’enquête parlementaire, l’ancien directeur général de la SOGEPA soutient que le bail accordé au magistrat a suivi la procédure légale.
Lors de son audition, Yaya Abdoul Kane avait d’abord évoqué l’attribution de deux villas. Il a ensuite précisé qu’il s’agissait d’un seul bâtiment situé au Point E, qu’il décrit comme étant dans un état de dégradation avancé au moment de sa découverte.
Selon ses explications, la villa a été rénovée avant d’être affectée au magistrat comme logement de fonction. Un bail emphytéotique lui aurait ensuite été accordé après validation des autorités compétentes.
Yaya Abdoul Kane invoque le cadre légal
Les éléments présentés aux députés font état de deux villas qui auraient été attribuées à Serigne Bassirou Guèye sur instruction de l’ancien président Macky Sall, dans le cadre de baux de 99 ans.
Yaya Abdoul Kane estime toutefois que l’intervention de la Présidence s’inscrivait dans la procédure d’approbation des baux. Il s’appuie également sur un décret de 2013 qui autorise la SOGEPA à attribuer ce type de contrat.
Dans des propos rapportés par L’Observateur et relayés par Xibaaru, l’ancien responsable affirme avoir repris contact avec le magistrat. Il lui aurait présenté ses regrets concernant l’évolution de l’affaire et conseillé de ne pas réagir sous le coup de l’émotion.
Il considère que Serigne Bassirou Guèye est injustement ciblé, estimant que d’autres hauts fonctionnaires ont bénéficié d’attributions similaires.
Le patrimoine public au cœur des interrogations
Au-delà du dossier du Point E, cette controverse remet en lumière les difficultés liées au recensement et à la gestion du patrimoine immobilier public.
La base officielle ne recensait que 192 bâtiments, tandis que les opérations de terrain auraient permis d’en identifier entre 2 000 et 2 200. La gestion de ces biens s’est également accompagnée d’arriérés de loyers dus aux bailleurs privés, évalués à environ 35 milliards de FCFA avant 2019.
Les baux emphytéotiques portant sur des biens publics, notamment à la Cité Fayçal, à Mermoz et à Fann, font aussi l’objet de contestations. Les critiques portent notamment sur l’absence alléguée de contreparties suffisantes pour le Trésor public.
L’examen du dossier de la villa du Point E dépasse ainsi la question du logement accordé à un magistrat. Il soulève également des interrogations sur les conditions d’attribution des biens publics, leur valorisation et les garanties apportées à l’intérêt général.



