Mardi, l’ambassadeur russe à l’ONU, Vassili Nebenzia, a accusé l’Ukraine de fournir un soutien militaire aux combattants du groupe islamiste radical Hayat Tahrir al-Sham (HTS), qui mène une offensive contre les forces syriennes dans le nord-ouest de la Syrie. Lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à l’escalade des hostilités en Syrie, Nebenzia a affirmé que des preuves indiquaient l’implication du renseignement militaire ukrainien (GUR) dans l’organisation des combats et la fourniture d’armements aux membres du HTS.
Il a précisé que des instructeurs militaires ukrainiens avaient été identifiés dans la province, où ils formaient les combattants du HTS aux opérations de combat. Selon Nebenzia, les membres du HTS ne cachaient pas leur soutien ukrainien, l’affichant ouvertement, notamment à travers la fourniture de drones.
L’ambassadeur russe a également dénoncé ce qu’il a qualifié de coopération entre des « terroristes ukrainiens et syriens », motivée par la haine de la Syrie et de la Russie, et a évoqué des efforts pour recruter des combattants dans les rangs de l’armée ukrainienne, en vue de mener des attaques contre les troupes russes et syriennes en Syrie.
Cette accusation intervient dans un contexte de tensions croissantes. Depuis le 27 novembre, une coalition de rebelles dominée par le HTS, l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda, a lancé une offensive majeure dans le nord-ouest de la Syrie, s’emparant de plusieurs localités, dont une grande partie de la ville d’Alep, avant de poursuivre sa progression vers le sud.
La Russie, alliée du président syrien Bachar al-Assad et engagée militairement en Syrie depuis 2015, soutient activement le régime syrien. Nebenzia a par ailleurs exprimé ses regrets concernant l’inaction de l’ONU face à ce qu’il considère comme des attaques terroristes, et a critiqué l’absence de condamnation des membres de l’ONU, notamment les États-Unis. Il a souligné que, bien que le HTS soit classé comme organisation terroriste par l’ONU et les États-Unis, cela ne justifiait pas les « atrocités » commises par le régime d’Assad et ses alliés russes.
De son côté, l’ambassadeur américain adjoint, Robert Wood, a rejeté les accusations russes, estimant que le soutien de la Russie au régime syrien n’était pas justifié, et a exprimé son désaveu face aux actions du gouvernement syrien.
Dans une intervention distincte, Raed Saleh, responsable des Casques blancs syriens, a accusé la communauté internationale d’avoir « abandonné » le peuple syrien. Il a déploré le manque d’action face aux atrocités commises et a appelé les gouvernements à cesser de « laisser tomber la Syrie ». Il a particulièrement pointé du doigt la Russie, l’accusant de soutenir le régime syrien, d’entraver la justice et de diffuser de fausses informations sur les Casques blancs.
L’ambassadeur russe a tenté d’empêcher Saleh de s’exprimer lors de la réunion, l’accusant de vouloir « calomnier les autorités syriennes » à travers des « falsifications à large échelle ». Toutefois, l’intervention du responsable des Casques blancs a été maintenue malgré les objections russes.



