La lutte contre le diabète nécessite une mobilisation qui dépasse largement les structures sanitaires. C’est le message porté par plusieurs acteurs du secteur de la santé lors du lancement de la campagne nationale de sensibilisation et de lutte contre cette maladie. Organisée le mercredi 4 novembre 2026 au siège de l’Association des journalistes en santé, population et développement (AJSPD), cette initiative est portée par l’Association sénégalaise de soutien aux diabétiques (ASSAD).
À cette occasion, professionnels de santé, représentants des autorités sanitaires et acteurs associatifs ont échangé sur les défis liés à la prévention, au dépistage précoce et à la prise en charge du diabète au Sénégal.
La prévention au cœur de la lutte contre la maladie
Lors de cette rencontre, le professeur Abdoulaye Lèye, endocrinologue-diabétologue, a insisté sur l’importance de la prévention primaire. Selon lui, la lutte contre le diabète commence par l’adoption de bonnes habitudes de vie.
La prévention de l’obésité, la réduction de la sédentarité et une alimentation équilibrée figurent parmi les principaux leviers pour limiter les facteurs de risque.
Le spécialiste a également évoqué les possibilités offertes par certaines approches thérapeutiques. Chez certains patients, les traitements médicamenteux et la chirurgie métabolique peuvent favoriser une rémission du diabète et améliorer les paramètres métaboliques. Ces résultats nécessitent toutefois un suivi médical rigoureux.
Pour le professeur Lèye, les campagnes de sensibilisation doivent davantage mettre l’accent sur les moyens de prévenir les complications plutôt que de se limiter à leurs conséquences.
Il considère également l’éducation thérapeutique comme un outil essentiel. Elle permet aux patients de mieux comprendre leur maladie, de suivre correctement leur traitement et de maintenir un meilleur équilibre glycémique.
Les médias et les autorités sanitaires appelés à jouer leur rôle
La sensibilisation passe aussi par une meilleure circulation de l’information. Le professeur Abdoulaye Lèye a ainsi souligné la responsabilité des médias dans la diffusion des connaissances sur le diabète.
Il estime toutefois que les messages doivent tenir compte des réalités sociales et des conditions de vie des populations pour favoriser des changements durables de comportement.
Du côté des pouvoirs publics, le renforcement de la prévention et l’amélioration de l’accès aux soins constituent également des priorités.
Intervenant au nom du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, le Dr Moustapha Diop, directeur de la lutte contre les maladies non transmissibles, a rappelé que le diabète figure parmi les préoccupations majeures des autorités sanitaires.
Classée parmi les maladies à soins coûteux, cette pathologie représente une charge financière importante pour les patients et le système de santé.
Le responsable a notamment mis en avant la subvention de l’insuline, qui a contribué au développement de l’offre de soins à l’échelle nationale.
27 centres intégrés pour améliorer la prise en charge
Le dispositif national de prise en charge repose notamment sur 27 centres intégrés et des cliniques spécialisées dans le diabète.
Les autorités souhaitent consolider ce réseau tout en renforçant le dépistage précoce. Le Dr Moustapha Diop a également plaidé pour l’installation d’une véritable culture du bilan de santé auprès des populations.
À travers sa campagne nationale de novembre 2026, l’ASSAD entend ainsi renforcer la mobilisation autour de cette maladie. L’association mise sur la sensibilisation, la prévention et le dépistage pour mieux protéger les populations et améliorer la prise en charge des personnes vivant avec le diabète.



