Mis en cause dans la polémique autour des 55 millions de dollars liés au retrait de Kosmos Energy du bloc Yakaar-Téranga, l’ancien Directeur général de PETROSEN, Alioune Guèye, sort du silence. Il revient point par point sur l’accord signé avec Kosmos et conteste l’existence d’une créance de 55 millions de dollars, soit environ 30 milliards de FCFA, au profit de l’État du Sénégal.
Selon Alioune Guèye, les 55 millions de dollars correspondent à un engagement minimum de dépenses prévu par le décret n°2024-713 du 13 mars 2024 pour des études de développement. Pour lui, cet engagement ne constitue pas une dette exigible. Il soutient que les obligations contractuelles prévues pour les travaux de recherche avaient déjà été exécutées, avec notamment les forages Teranga-1, Yakaar-1 et Yakaar-2 ainsi qu’une campagne sismique 3D, pour un investissement dépassant 300 millions de dollars.
L’ancien DG de PETROSEN conteste également l’interprétation faite de l’article 19 du Code pétrolier. Selon sa lecture, celui-ci prévoit une indemnité en cas de non-respect des obligations de travaux définies dans la convention, et non le remboursement automatique d’une enveloppe de dépenses non consommée.
Alioune Guèye revient aussi sur la chronologie de l’affaire. Le 22 avril 2026, PETROSEN et Kosmos avaient signé un accord de retrait conjoint. Selon lui, cet accord prévoyait comme seule étape restante la publication d’un arrêté ministériel. Mais le 15 mai, le ministre avait demandé un état détaillé des dépenses et un calcul concernant les 55 millions de dollars. Guèye affirme avoir contesté cette demande, estimant qu’elle ne reposait pas sur une base juridique suffisante.
Autre argument avancé : le Premier ministre de l’époque, Ousmane Sonko, avait présenté le 22 avril le retrait de Kosmos comme une « victoire majeure » obtenue « sans aucune contrepartie financière pour le Sénégal », tout en saluant le travail du DG de PETROSEN. Pour Alioune Guèye, cette déclaration confirme que l’accord avait été conclu dans le cadre des orientations gouvernementales.
L’ancien dirigeant affirme enfin être prêt à s’expliquer devant l’Assemblée nationale, la Cour des comptes ou la justice, documents à l’appui. Il maintient avoir agi dans l’intérêt de l’État, notamment en préservant des actifs évalués à plus de 300 millions de dollars et en obtenant de Kosmos la restitution des données et actifs liés au projet.



