Doyen Khalifa, je suis profondément surpris par votre sortie. Et, je dois vous le dire avec tout le respect dû à votre parcours : quelle incroyable maladresse pour un homme qui se veut témoin de l’histoire politique de notre pays.
Vous avez choisi de porter sur la place publique une accusation extrêmement grave contre le Maire de Dakar, M. Abass Fall : la corruption aurait, selon vous, été au cœur de son élection.
Alors soyons sérieux.
La corruption n’est pas une opinion. C’est une accusation. Et toute accusation aussi grave doit être accompagnée de faits, de preuves et de responsabilités.
Vous avez été Maire de Dakar. Vous connaissez donc la valeur d’un mandat électif et vous savez parfaitement ce que représente la confiance des Dakarois.
M. Abass Fall n’a pas été installé dans le fauteuil de Maire par une mallette d’argent. Il y a été porté par un processus électoral et par le choix des électeurs.
Vous pouvez contester politiquement son bilan. Vous pouvez critiquer ses choix. Vous pouvez même combattre son projet politique. C’est parfaitement légitime dans une démocratie.
Mais salir son élection par des accusations de corruption sans produire la moindre preuve est une tout autre affaire.
Alors, Doyen Khalifa, je vous pose simplement une question :
Où sont les preuves ?
Si vous en avez, produisez-les. Saisissez les autorités compétentes. Que la lumière soit faite.Mais si vous n’en avez pas, alors il faut avoir la grandeur de reconnaître que, dans le feu de la bataille politique, vous êtes allé trop loin.
Car ce qui est particulièrement surprenant dans votre sortie, c’est qu’elle donne le sentiment d’une ancienne génération politique qui peine à accepter l’émergence d’une nouvelle génération.
Vous avez connu une époque où les appareils politiques faisaient et défaisaient les carrières. Nous sommes entrés dans une époque où les électeurs veulent faire et défaire les destins politiques.
C’est peut-être cela qui vous dérange le plus.
PASTEF est un mouvement politique jeune. Ses méthodes, son discours et son rapport au pouvoir ont profondément bouleversé le paysage politique sénégalais. Vous pouvez ne pas l’aimer. Vous pouvez combattre ses dirigeants. Mais vous ne pouvez pas réécrire l’histoire simplement parce qu’elle ne s’est pas déroulée comme vous l’aviez souhaité.
Et concernant le Maire Abass Fall, permettez-moi de vous dire une chose :
Vous avez devant vous un homme qui assume son parcours, ses convictions et son mandat.
Il n’a pas besoin d’emprunter les vieilles recettes de la politique pour exister.
Sa légitimité ne vient ni d’un clan, ni d’une mallette, ni d’un arrangement de coulisses.
Elle vient des urnes.
Et les urnes, en démocratie, ont toujours le dernier mot.
Doyen Khalifa, vous avez été Maire de Dakar. Vous savez ce que cette ville représente. Vous savez également que Dakar n’appartient à aucun homme politique, à aucune génération politique et à aucun appareil.
Dakar appartient aux Dakarois.
Et les Dakarois ont fait un choix.
Ce choix peut être discuté. Il peut être critiqué. Il peut même être combattu lors des prochaines échéances.
Mais il doit être respecté.
Vous attendiez-vous peut-être à ce que les nouvelles générations vous demandent encore la permission d’écrire leur propre histoire ?
C’est terminé.
Une nouvelle génération politique est née. Elle ne vous demande ni votre bénédiction ni votre permission pour avancer.
Elle vous demande simplement de respecter le verdict des citoyens.
Et puisque vous vous présentez comme un témoin de l’histoire, permettez-moi de vous rappeler une chose essentielle :
L’Histoire ne retient pas seulement ceux qui ont occupé les fonctions. Elle retient aussi ceux qui ont su, au moment venu, reconnaître que le temps avait changé.
Doyen Khalifa, la politique peut être un combat. Elle peut être rude. Elle peut être impitoyable.
Mais elle ne doit jamais devenir le lieu où l’on accuse sans preuve.
Alors je vous le redis simplement :
Si vous avez des preuves de corruption concernant l’élection du Maire Abass Fall, produisez-les.
Si vous n’en avez pas, retirez vos accusations.
Entre les deux, il n’y a pas de courage politique.
Il n’y a que de la polémique.
Dakar mérite mieux. Le Sénégal mérite mieux.
Et surtout, Doyen Khalifa, après tant d’années dans la vie publique, vous méritez vous-même mieux que de terminer un débat politique dans le registre de l’accusation sans preuve.
La nouvelle génération n’est pas venue vous manquer de respect. Elle est simplement venue prendre sa place.
Ousmane Sonko xamul corruption : dafa yónnee ndawam ci Ndakaaru, mu jappala yaw ak sa gangoor, mu doomalen.
Lolou moy Deug
**Mais nak, lii du bett kenn. Borom « Naa bokk rekk »
Boully Galissa
Chef de Cabinet du Maire de la Ville de Dakar M.Abass Fall




L’histoire retiendra aussi les pleurs et larmes d’un pleutre qui a préféré se morfondre au lieu d’assumer.