La transparence sur les ressources naturelles du Sénégal est au cœur d’une nouvelle controverse. Alors que le gouvernement a signé, le 15 septembre, un protocole d’accord avec le groupe italien Eni pour évaluer le potentiel de cinq blocs offshore, dont le SN07M, l’ancien directeur général de PETROSEN, Alioune Guèye, s’interroge sur la nécessité de nouvelles études concernant Yakaar-Teranga.
Selon Alioune Guèye, le bloc concerné serait le SN07M, qu’il estime implicitement visé par le récent communiqué du ministère de l’Énergie et du Pétrole.
L’ancien patron de PETROSEN soutient que Yakaar-Teranga a déjà fait l’objet de nombreuses études techniques, notamment des travaux sismiques, des études d’ingénierie et des travaux FEED réalisés avec des partenaires internationaux.
Cette prise de position intervient quelques mois après le retrait de Kosmos Energy du projet. Le 22 avril 2026, l’État avait annoncé avoir obtenu ce retrait sans contrepartie financière pour le Sénégal, ouvrant la voie à une reprise du contrôle du bloc par PETROSEN.
Dès lors, Alioune Guèye pose une question centrale : si les données techniques et les études nécessaires existent déjà, pourquoi recourir à une nouvelle phase d’évaluation ?
Il s’interroge également sur la place qui pourrait être accordée à de nouveaux partenaires étrangers dans le dossier, alors que PETROSEN avait été présentée comme appelée à reprendre le contrôle du projet.
« Pourquoi alors PETROSEN ne pourrait-elle pas en être l’opérateur à 100 %, puisque le travail technique est déjà finalisé ? », s’interroge l’ancien directeur général.
Au-delà du cas Yakaar-Teranga, le débat renvoie à une question plus large : jusqu’où l’État entend-il aller dans la maîtrise directe de ses ressources gazières et pétrolières ?
Pour Alioune Guèye, les autorités doivent apporter des explications au peuple sénégalais sur les choix opérés dans ce dossier stratégique.



