Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, dément la présence de « mercenaires russes » sur le territoire national. Interrogé mercredi par France 24, le chef de la diplomatie togolaise a assuré que les ressortissants russes présents au Togo sont des formateurs militaires.
Cette déclaration intervient alors que l’opposition togolaise avait récemment évoqué la présence présumée de forces étrangères dans le nord du pays, notamment des membres de l’Africa Corps russe et des éléments de la société militaire privée turque Sadat. Aucune source officielle n’avait alors confirmé ces allégations.
« Nous n’avons pas de mercenaires russes »
« Nous n’avons pas de mercenaires russes », a affirmé Robert Dussey lors de son entretien.
Selon le ministre, les militaires russes présents au Togo interviennent notamment dans le cadre de formations liées aux équipements militaires acquis par le pays.
Il cite notamment les appareils français, américains, chinois ou russes. « Ce sont bien sûr des formateurs qui viennent entraîner nos forces de défense et de sécurité », a-t-il expliqué, notamment pour la formation des pilotes.
Une coopération militaire renforcée avec Moscou
Le démenti du ministre intervient toutefois dans un contexte de rapprochement militaire entre Lomé et Moscou.
Les deux pays ont signé en 2025 un accord de coopération militaire portant notamment sur la formation, les exercices conjoints et le partage d’informations. La Russie a ratifié cet accord en octobre 2025.
Cette coopération s’est poursuivie en 2026. En mars, le ministre russe de la Défense, Andreï Beloussov, s’est rendu à Lomé pour discuter de la mise en œuvre du partenariat de défense entre les deux pays.
La nature exacte et l’ampleur de la présence de personnels militaires russes au Togo restent toutefois distinctes de la question d’une présence de mercenaires ou de membres de l’Africa Corps.
Le nord du pays confronté aux attaques jihadistes
Depuis fin 2021, le nord du Togo est régulièrement confronté à des attaques et incursions de groupes jihadistes liés aux organisations actives dans le Sahel.
Dans ce contexte sécuritaire, Lomé a multiplié les coopérations militaires avec plusieurs partenaires étrangers, dont la Turquie et la Russie.
Robert Dussey a également appelé à ne pas isoler les pays sahéliens confrontés aux violences jihadistes. Selon lui, ces États peuvent jouer un rôle dans la lutte contre l’expansion des groupes armés dans la région.
Des relations toujours étroites avec la France
Le ministre togolais s’est également exprimé sur les relations entre Lomé et Paris, alors que celles-ci connaissent plusieurs tensions.
France 24 et RFI sont suspendues au Togo depuis 2025, tandis que des professionnels français du cinéma ont été détenus au cours de l’été avant d’obtenir une liberté provisoire, selon l’AFP.
Malgré ces épisodes, Robert Dussey estime que les relations entre le Togo et la France « n’ont jamais été difficiles », évoquant plutôt l’existence de « malentendus ».
Le Togo poursuit ainsi une politique de diversification de ses partenariats sécuritaires, tout en maintenant des relations avec plusieurs puissances étrangères.



