Malgré l’absence de consensus autour du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026, les obligations souveraines du Sénégal enregistrent une progression sur les marchés financiers. Les investisseurs semblent ainsi anticiper une issue favorable aux discussions entre le gouvernement et les députés.
Le mardi 27 octobre 2026, les titres de dette sénégalais ont gagné entre 1 et 1,25 point. Cette évolution est notamment intervenue après l’interview du Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mouhamadou Lô, accordée à RFI. À cette occasion, le chef du gouvernement avait évoqué la possibilité d’un accord budgétaire.
Selon l’analyse d’un spécialiste d’une banque d’affaires basée à Londres, le marché manifeste une tendance acheteuse, malgré des volumes d’échanges limités.
Les obligations sénégalaises poursuivent leur progression
« Les cinq obligations traitent autour de 51-52 cents, sur une courbe quasiment plate, hormis celle de 2028 qui est légèrement plus chère », explique l’expert. D’après lui, les investisseurs semblent privilégier une résolution progressive de l’impasse budgétaire.
Les discussions directes et le calendrier explicite du Fonds monétaire international (FMI) figurent parmi les signaux pris en compte par les marchés.
Le mercredi 28 octobre, la tendance est restée positive, avec une nouvelle légère progression des prix. Les obligations se négociaient alors autour de 52 à 53 cents, contre 50 en début de semaine.
Pour le spécialiste, cette évolution traduit notamment l’absence de volonté d’escalade majeure et la poursuite du dialogue entre les différentes parties.
Ces réactions interviennent alors que le projet de LFR 2026 a été renvoyé en commission, mardi, pour de nouvelles discussions en vue de parvenir à un consensus.
Le gouvernement défend les ajustements budgétaires
Le désaccord entre l’exécutif et le pouvoir législatif s’est accentué après la prise de position du leader de Pastef, qui avait appelé au rejet du projet de loi lors d’une conférence de presse la semaine précédente. La commission parlementaire avait ensuite suivi cette orientation.
En réponse, le gouvernement a organisé une conférence de presse dimanche dernier. Le Premier ministre a défendu le bien-fondé de la LFR 2026, présentée comme une réponse aux conséquences de la conjoncture internationale sur les finances publiques.
Ahmadou Al Aminou Mouhamadou Lô a notamment évoqué les répercussions de la situation internationale, dont les conséquences économiques liées à l’attaque des États-Unis et d’Israël contre l’Iran.
Selon lui, les ajustements proposés visent à préserver la continuité des services publics, protéger le pouvoir d’achat des Sénégalais et maintenir les transformations engagées par l’État, malgré la diminution des ressources disponibles.
Une baisse des recettes de 340 milliards de FCFA
Le chef du gouvernement a détaillé les principaux paramètres ayant motivé cette révision budgétaire. Le premier concerne une baisse des recettes estimée à 340 milliards de FCFA.
À cela s’ajoute une hausse de 540 milliards de FCFA des charges incompressibles. Ces besoins supplémentaires concernent principalement les subventions énergétiques ainsi que le renforcement des forces de défense et de sécurité.
Le gouvernement doit également contenir un déficit déjà élevé, dans un contexte de fortes contraintes sur les finances publiques.
Le Premier ministre assure que les dépenses essentielles seront préservées. Il cite notamment les salaires, les missions régaliennes de l’État, la sécurité et les dépenses prioritaires de protection sociale.
Alors que les discussions parlementaires se poursuivent, l’évolution des obligations sénégalaises montre que les marchés financiers suivent de près les perspectives de sortie de cette impasse budgétaire.



