Les effets du changement climatique dépassent les dégâts matériels et les pertes économiques. Au Sénégal comme ailleurs dans le monde, les crises environnementales aggravent les inégalités de genre et exposent davantage les adolescentes aux violences et aux difficultés d’accès aux soins de santé reproductive. À Dakar, lors d’un sommet continental consacré à la résilience des femmes et des filles, Plan International et des représentantes des institutions publiques ont appelé à renforcer les mécanismes de protection.
Selon le rapport 2026 de Plan International, intitulé « Changeons son avenir », 28 % des filles interrogées au Sénégal déclarent constater une hausse des violences basées sur le genre dans leur communauté. Cette proportion est identique à celle relevée à l’échelle mondiale.
L’étude a été menée auprès de 5 000 filles et jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans dans cinq pays, dont le Sénégal. Elle examine les conséquences des chocs environnementaux sur leurs droits, leur santé reproductive et leurs conditions de vie.
Des inondations qui compliquent l’accès aux soins
Lors du sommet, Salimata Bocoum, directrice pays de Plan International au Sénégal, a souligné les conséquences concrètes des crises climatiques sur la vie des adolescentes et des jeunes femmes.
Elle a notamment évoqué le témoignage d’une participante à l’étude, dont le domicile avait été envahi par les eaux lors d’inondations. La jeune femme devait transporter quotidiennement des bassines d’eaux usées sur sa tête. Elle ne disposait plus d’un espace adapté à ses besoins personnels et rencontrait des difficultés pour accéder aux consultations prénatales. Elle a associé ces conditions aux complications rencontrées pendant sa grossesse.
Les chiffres du rapport illustrent l’ampleur de ces difficultés. Au Sénégal, 88 % des filles interrogées estiment que les phénomènes climatiques exercent une forte pression sur leur survie, leur santé et la stabilité de leur foyer. À l’échelle mondiale, cette proportion atteint 90 %.
L’accès aux services de santé reproductive est également affecté. Au Sénégal, 68 % des participantes signalent des difficultés croissantes dans leur communauté, contre 76 % au niveau mondial.
Plan International appelle à une réponse globale
Pour Salimata Bocoum, ces constats doivent déboucher sur des mesures concrètes. Elle préconise une approche associant l’éducation, la santé, la protection et l’autonomisation économique des filles.
Présente au Sénégal depuis 1982 et active dans les 14 régions du pays, Plan International affirme avoir touché plus de 14 millions de personnes au cours des dix dernières années. L’organisation entend poursuivre son action avec les pouvoirs publics, la société civile et les filles elles-mêmes.
L’objectif est de mieux intégrer les besoins spécifiques des adolescentes dans les politiques de prévention et de gestion des crises climatiques.
Les garçons appelés à participer à la prévention des violences
La lutte contre les violences basées sur le genre nécessite également l’implication des garçons. C’est le message défendu par Diouma Diouf, représentante du cabinet de la Première dame Marie Khone Faye et formatrice dans le cadre d’un programme national consacré à la santé reproductive des adolescents et des jeunes.
Selon elle, les formations sensibilisent les garçons au respect de leurs pairs, à la prévention des comportements irresponsables et à leur rôle dans la lutte contre les violences. Ils sont encouragés à devenir des relais de sensibilisation au sein de leurs communautés.
Du côté des adolescentes, ces programmes visent à renforcer l’estime de soi, l’autonomie corporelle et la capacité à signaler les violences subies.
Pour les intervenantes, l’éducation, la prévention et l’accès aux soins doivent ainsi constituer des priorités afin de protéger les filles face aux conséquences du changement climatique.



