Les émeutes survenues samedi à Marseille ont mobilisé d’importants effectifs de sécurité et provoqué de nombreuses dégradations. Selon un bilan communiqué dimanche par la préfecture de police des Bouches-du-Rhône, plus de 30 000 pilleurs ont été dénombrés au plus fort des troubles, dont 8 000 qualifiés d’« émeutiers » par les autorités.
Les affrontements ont également entraîné 99 gardes à vue directement liées aux émeutes. Du côté des forces de l’ordre, 118 personnes ont été blessées, dont trois ont dû être hospitalisées.
Un important dispositif de sécurité déployé
Les opérations de maintien de l’ordre se sont déroulées de 7 heures samedi à 1 heure du matin dimanche. Au total, 434 policiers nationaux et municipaux ainsi que 240 CRS ont été mobilisés sur le terrain.
Les forces de sécurité ont ensuite reçu des renforts, notamment deux véhicules blindés Centaure, 89 gendarmes mobiles et 75 membres d’une unité d’intervention de la gendarmerie.
Selon le bilan préfectoral, quelque 4 000 grenades lacrymogènes ont été utilisées au cours des opérations. En revanche, les autorités n’ont pas communiqué de chiffre concernant la participation à la manifestation.
Des commerces pillés et des bâtiments attaqués
Les dégâts matériels restent importants. La préfecture évoque de très nombreux commerces pillés, dont le recensement se poursuit avec la Chambre de commerce et d’industrie (CCI).
De son côté, le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, François de Canson, a estimé dimanche que des centaines de commerces avaient été attaqués à Marseille. Il a également réactivé un fonds d’urgence destiné aux victimes des émeutes.
La journée de mobilisation a été marquée par plusieurs incidents, notamment une intrusion de manifestants dans le hall de la mairie et une attaque contre le commissariat central de la police municipale. Des affrontements répétés ont opposé les manifestants aux forces de l’ordre.
Laurent Nuñez attendu à Marseille
Face à la gravité des événements, le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé dimanche qu’il se rendrait à Marseille lundi.
Il a attribué les violences à des exactions commises par plusieurs milliers d’individus d’ultragauche, auxquels se seraient ensuite joints des délinquants responsables de pillages et de dégradations de commerces.
Le bilan matériel définitif reste attendu, alors que les autorités poursuivent l’identification des établissements touchés par les violences.



