Sportivement, le Portugal dispose des ressources nécessaires pour poursuivre son parcours sans Cristiano Ronaldo. Mais en dehors des terrains, le départ fracassant de l’attaquant de 41 ans ouvre une période d’incertitude pour la Fédération portugaise de football (FPF), confrontée à un problème qui dépasse largement le cadre sportif.Depuis l’annonce de son départ en plein rassemblement, le football portugais est sous tension. Selon plusieurs médias lusitaniens, Ronaldo, contrarié par les déclarations de Jorge Jesus avant la rencontre face au Danemark, aurait quitté le groupe après avoir affrété son jet privé en direction de l’Espagne, avant de rejoindre l’Arabie saoudite.
Une décision qui aurait été prise sans qu’il ne prévienne ses coéquipiers. La presse portugaise rapporte également qu’aucun message officiel de la direction de la FPF n’aurait été adressé aux joueurs dans la soirée. Une situation inhabituelle à la veille d’une échéance internationale.Sur le terrain, la sélection doit désormais composer avec ce contexte particulier. Le Portugal possède toutefois des arguments solides, comme l’a démontré sa récente victoire contre la Norvège d’Erling Haaland, alors que Ronaldo était resté sur le banc.
La question est donc moins celle de la capacité de la Seleção à jouer sans son capitaine que celle de la gestion de son départ et de ses conséquences sur l’image de la sélection.600 000 ABONNÉS EN MOINSCar Cristiano Ronaldo ne représente pas uniquement une valeur sportive. Il constitue également une marque mondiale. Les premiers effets de son départ seraient déjà visibles sur les réseaux sociaux de la sélection portugaise. Selon un relevé effectué jeudi 1er octobre à 16 heures, le compte Instagram de la Seleção aurait perdu environ 600 000 abonnés, passant de 25 millions à 24,4 millions.
Cette évolution illustre le poids considérable de Ronaldo dans la visibilité internationale du football portugais. Selon O Jornal Económico, la marque « CR7 » était estimée à environ 850 millions d’euros en 2025. Pour la FPF, l’enjeu dépasse donc la présence ou l’absence d’un joueur sur une feuille de match : il concerne également les contrats commerciaux, les partenaires et l’attractivité mondiale de la sélection.Interrogé par RTP, Carlos Brito, président de l’Ordre des économistes du Nord, estime ainsi que la valeur commerciale de Cristiano Ronaldo demeure largement supérieure à son impact sportif actuel.
Selon lui, la FPF doit désormais réfléchir à la manière de gérer séparément l’image de la marque Ronaldo et les performances du joueur.LES SPONSORS AU CŒUR DES INCERTITUDESLe spécialiste des marques Carlos Coelho, cité par O Jogo, considère pour sa part que le départ de Ronaldo peut entraîner une dévalorisation de la marque FPF. Il souligne notamment que des centaines de millions de personnes à travers le monde suivent encore la sélection portugaise en grande partie en raison de la présence de son numéro 7.
Cette dimension commerciale pourrait également concerner les partenaires de la Fédération. Des sponsors ayant signé des contrats en s’appuyant sur la visibilité offerte par Ronaldo pourraient désormais s’interroger sur les nouvelles conditions de leur engagement.
Le Portugal doit donc gérer deux réalités simultanément : maintenir la compétitivité d’une sélection qui dispose d’un effectif de haut niveau et préserver la puissance d’une marque construite, en grande partie, autour de Cristiano Ronaldo. Sur le terrain, la Seleção devra rapidement tourner la page. Dans les bureaux de la FPF, en revanche, les conséquences de ce départ pourraient se faire sentir bien plus longtemps.



