La militante ougandaise Praise Aloikin Opoloje est détenue à Kampala après avoir été arrêtée le 26 septembre. Figure de la lutte anticorruption, elle est poursuivie pour l’utilisation présumée d’une carte SIM enregistrée au nom d’une autre personne.
Selon les autorités, l’activiste aurait utilisé cette carte SIM dans le cadre d’une activité illégale. Elle a comparu devant le tribunal de Buganda Road le 28 septembre et a plaidé non coupable. La justice l’a placée en détention à la prison de Luzira jusqu’au 14 octobre, date prévue pour la prochaine audience.
Une arrestation qui intervient après des critiques
L’arrestation de Praise Aloikin intervient quelques jours après la publication de vidéos dans lesquelles elle critiquait le général Muhoozi Kainerugaba, chef des forces de défense ougandaises et fils du président Yoweri Museveni. Elle s’est notamment fait connaître sur les réseaux sociaux pour ses prises de position contre la corruption et certaines pratiques du pouvoir.
Ses avocats et plusieurs organisations de la société civile contestent les circonstances de son arrestation. Ils affirment qu’elle avait été convoquée dans un commissariat pour une affaire concernant un tapis avant d’être emmenée par des hommes armés. La police ougandaise rejette toutefois l’idée d’un enlèvement et affirme que la militante a été arrêtée dans le cadre d’une procédure légale.
Une affaire qui suscite des réactions
L’arrestation de la militante a provoqué des réactions parmi les défenseurs des droits humains et des organisations de la société civile. L’Uganda Law Society a notamment demandé que les autorités clarifient les circonstances de son transfert et garantissent son accès à ses avocats.
Praise Aloikin avait déjà été arrêtée lors de mobilisations anticorruption en 2024. Son engagement lui avait également valu une distinction de la délégation de l’Union européenne en Ouganda en 2025.
Alors que la procédure judiciaire se poursuit, ses soutiens dénoncent une possible volonté de sanctionner ses prises de position publiques. Les autorités, de leur côté, maintiennent que l’affaire relève d’une infraction liée à l’utilisation d’une carte SIM et que la militante doit répondre des faits qui lui sont reprochés devant la justice.



