Le parti des Patriotes Africains du Sénégal pour le Travail, l’Éthique et la Fraternité (PASTEF) s’apprête à entreprendre une tournée controversée dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Mali, la Guinée, le Burkina Faso et le Niger, tous dirigés par des régimes militaires. Cette annonce a immédiatement suscité des débats houleux, certains observateurs pointant du doigt la nature autoritaire de ces gouvernements.
Contacté par Seneweb, le député Ayib Daffé, membre influent du PASTEF, a levé le voile sur les motivations de cette initiative. Lors d’une réunion du bureau politique, le parti a dévoilé son intention de rencontrer des « partenaires » dans ces pays, bien que les détails sur l’identité de ces partenaires demeurent flous. Cette décision a été perçue comme une régression par certains, contrastant avec la récente visite du président Bassirou Diomaye Faye en Mauritanie, signe d’engagement envers les idéaux économiques et démocratiques.
Ayant pour objectif de renforcer les liens avec des organisations politiques partageant les mêmes valeurs panafricanistes et souverainistes, cette tournée se veut un geste de fraternité et de solidarité. Cependant, elle cible spécifiquement les pays de l’Alliance des États du Sahel, qui ont choisi de se retirer de la CEDEAO, la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest.
Alors que le président Bassirou Diomaye Faye a réservé ses premières visites officielles aux pays membres de la CEDEAO, le PASTEF persiste dans sa démarche, soulignant son attachement aux idéaux panafricanistes et souverainistes qui ont été au cœur de sa campagne électorale. Pour Ayib Daffé, il s’agit de promouvoir un modèle politique alternatif, basé sur la souveraineté nationale et l’unité africaine.
Malgré les critiques, le PASTEF reste déterminé à poursuivre sa vision d’une « internationale panafricaine progressiste », bien que cette initiative ait été mise en veilleuse ces derniers temps. Avec l’espoir de dynamiser cette initiative lors de la tournée à venir, le parti envisage même d’impliquer des personnalités de premier plan, telles que le président de transition malien Assimi Goïta.
Néanmoins, le PASTEF insiste sur le fait que sa démarche n’a pas pour but d’interférer dans les affaires internes de ces pays, mais plutôt de promouvoir un dialogue constructif basé sur le respect mutuel et la coopération. Tout en reconnaissant les différences historiques et politiques entre les nations, le parti met en avant son engagement en faveur du panafricanisme et de la coopération régionale.
Bien que le PASTEF tente de séparer ses actions politiques de la diplomatie officielle, il semble difficile d’ignorer les similitudes entre les ambitions du parti et la vision du président Bassirou Diomaye Faye. En fin de compte, les deux démarches reflètent un engagement continu envers les idéaux qui ont porté le régime au pouvoir, malgré les défis et les controverses.



