La famille de Marwan Barghouti affirme que le dirigeant palestinien emprisonné a été blessé à la jambe par une balle en caoutchouc tirée par un gardien israélien. L’administration pénitentiaire israélienne rejette catégoriquement ces accusations.
Âgé de 67 ans et figure emblématique du Fatah, Marwan Barghouti est détenu en Israël depuis son arrestation en 2002. En 2004, un tribunal israélien l’a condamné à la réclusion à perpétuité après l’avoir reconnu coupable d’implication dans quatre attentats ayant coûté la vie à cinq personnes en Israël et en Cisjordanie occupée.
Dans un message publié sur Facebook, son épouse, Fadwa Barghouti, affirme qu’un gardien a tiré une balle en caoutchouc dans la jambe de son mari, provoquant un saignement et une blessure qu’elle qualifie de douloureuse. Elle dénonce un nouvel épisode d’une série d’agressions dont il serait régulièrement victime en détention.
Selon son fils, Arab Barghouti, les faits se seraient produits la semaine dernière à la prison de Ganot, située dans le désert du Néguev. Il indique que la famille a été informée de l’incident par l’avocat de son père et soutient que ce dernier n’a bénéficié d’aucune prise en charge médicale.
Dans une lettre adressée à l’administration pénitentiaire, consultée par l’AFP, l’avocat de Marwan Barghouti, Avigdor Feldman, rapporte que son client lui a déclaré avoir été touché par une balle à la jambe lors de leur dernier entretien.
L’administration pénitentiaire israélienne conteste ces affirmations. Dans un communiqué, elle affirme que ces accusations sont « fausses et totalement dénuées de fondement » et souligne qu’elle agit conformément à la loi sous le contrôle permanent des autorités judiciaires.
Ce n’est pas la première fois que la famille de Marwan Barghouti dénonce des mauvais traitements. En 2025, son fils avait déjà affirmé que des gardiens l’avaient violemment frappé lors d’un transfert, lui causant notamment quatre côtes cassées et des blessures à la tête.
En août, une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux montrait le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, s’adressant à Marwan Barghouti à l’intérieur d’une prison, où ce dernier apparaissait visiblement affaibli.
Dimanche, la Ligue arabe a appelé à la mise en place d’une commission d’enquête internationale afin d’examiner ce qu’elle qualifie d’« agressions répétées » contre le dirigeant palestinien.
Surnommé par certains de ses partisans le « Mandela de la Palestine », Marwan Barghouti est considéré comme l’une des figures majeures de la seconde Intifada, le soulèvement palestinien du début des années 2000. Régulièrement cité parmi les potentiels successeurs du président Mahmoud Abbas, il a été réélu en 2026 au Comité central du Fatah, obtenant le plus grand nombre de voix, malgré son emprisonnement.



