Dans une lettre adressée aux Sénégalais, l’ex-président Macky Sall n’a pas mâché ses mots à l’égard du nouveau référentiel économique du gouvernement, baptisé Vision Sénégal 2050. Selon lui, ce programme, présenté récemment par le président Bassirou Diomaye Faye et son équipe, n’est rien d’autre qu’une « mauvaise copie » du Plan Sénégal Emergent (PSE), l’initiative phare de son propre mandat.
Pour Macky Sall, cette nouvelle vision économique manque de cohérence et d’ambition. Il souligne que l’objectif initial de l’émergence du pays, fixé pour 2035 sous son administration, a été repoussé à 2050 avec cette nouvelle approche. « Aujourd’hui, celui qui vous avait promis son PROJET comme solution miracle à tous vos maux s’est finalement résigné à une mauvaise copie du Plan Sénégal Emergent ; une copie sans cohérence ni ambition, qui fait reculer notre objectif d’émergence de 2035 à 2050 », a déclaré l’ex-président, évoquant « les VARS » (variantes) successives qui, selon lui, ont mis en lumière l’inefficacité de la gouvernance actuelle.
Macky Sall poursuit en affirmant que le gouvernement actuel a détruit une grande partie des acquis de son mandat. « Huit mois après mon départ, hélas, nous constatons tous avec regret que nos acquis sont gravement menacés », écrit-il. Il déplore particulièrement la situation difficile dans plusieurs secteurs clés de l’économie, notamment l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’artisanat, et le petit commerce, qui emploient des millions de Sénégalais. Il ajoute également que le secteur du BTP (bâtiment et travaux publics) est en crise, avec des milliers d’ouvriers au chômage et de nombreux projets à l’arrêt.
Pour Macky Sall, cette situation traduit une gestion incohérente et une régression de l’économie nationale, contrastant fortement avec les progrès qu’il estime avoir réalisés durant son mandat. Cette analyse critique s’inscrit dans un contexte politique tendu, où l’ex-président, désormais à la tête de la coalition Takku Wallu Sénégal, cherche à capitaliser sur ses réalisations passées tout en pointant du doigt les échecs du régime actuel.



