Dans une annonce majeure pour l’avenir de la Syrie, le mouvement rebelle Hayat Tahrir al-Sham (HTS) a désigné Mohammad al-Bachir comme Premier ministre d’un gouvernement de transition, avec un mandat jusqu’au 1er mars 2025. Ancien président du « gouvernement de salut syrien », un exécutif créé par HTS à Idlib, al-Bachir avait été pressenti pour ce rôle depuis plusieurs jours. Son nom a été confirmé après une rencontre à Damas entre Abou Mohammed al-Joulani, le leader de HTS, et Mohamed al-Jalali, l’ex-Premier ministre de Bachar al-Assad.
Un dialogue avec le Qatar
La nomination d’al-Bachir intervient dans un contexte diplomatique particulier. Le Qatar, qui a soutenu le soulèvement contre Bachar al-Assad en 2011, a récemment établi un premier canal de communication avec HTS. Les contacts entre le groupe rebelle et les diplomates qataris devraient se poursuivre, selon un responsable anonyme. Le Qatar, tout en maintenant une position critique vis-à-vis de Damas, n’a pas renoué de relations avec le gouvernement syrien, contrairement à d’autres pays arabes.
Un rôle dominant de HTS dans la rébellion
Le groupe HTS, bien qu’étant une ancienne émanation d’al-Qaïda, reste le principal acteur de la rébellion syrienne, exerçant une influence considérable. Cette réalité pose un dilemme pour la communauté internationale, l’ONU se montrant prudente mais aussi optimiste quant aux évolutions récentes du groupe. Le responsable de l’ONU en Syrie, Geir Pedersen, a souligné les « messages positifs » envoyés par HTS aux Syriens et mentionné la volonté du groupe de discuter de la possibilité de se démanteler. Ce rapprochement pourrait marquer un tournant dans le conflit, si HTS parvient à engager une transition inclusive.
Une opportunité pour la Syrie ?
Les espoirs sont modérés mais présents : si la transition s’avère inclusive, réunissant toutes les communautés syriennes, cela pourrait mener à une Syrie nouvelle, selon Pedersen. Cela pourrait permettre à la communauté internationale de reconsidérer son approche de HTS, et même d’envisager la levée des sanctions. Cependant, le risque de fractures internes entre groupes armés et de nouvelles violences demeure. Le diplomate a exprimé de vives inquiétudes face à la possibilité de nouveaux affrontements et a également appelé à la cessation des frappes israéliennes sur le sol syrien.
La Syrie se trouve donc à un carrefour crucial. Si des progrès réels sont accomplis dans le processus de transition, cela pourrait ouvrir la voie à une paix durable et à un avenir politique plus stable. Mais la situation reste volatile, et les défis pour parvenir à une réconciliation nationale restent immenses



