En ce 10 décembre 2024, à l’occasion de la Journée internationale des Droits de l’Homme, le Sénégal se trouve plongé dans une sombre affaire qui remet en question le respect des droits humains dans les établissements pénitentiaires. Bassirou Diop, garde du corps de Barthélemy Dias, est décédé en détention à la prison de Saint-Louis, un drame qui soulève des interrogations sur les conditions de détention et les éventuelles violations des droits des prisonniers.
D’après les conclusions du médecin légiste de l’hôpital Général Idrissa Pouye de Grand-Yoff, mandaté par le procureur de Saint-Louis pour enquêter sur les causes du décès, plusieurs anomalies ont été relevées lors de l’autopsie. Parmi celles-ci, on note une « contusion de la pommette droite », ainsi qu’une cardiomégalie (augmentation du volume du cœur) accompagnée d’une hypertrophie du myocarde, un œdème pulmonaire, une hépatomégalie et une congestion cérébrale. Le légiste a conclu que la cause de la mort était une « cardiomyopathie hypertrophique décompensée ».
Une enquête en cours sur les circonstances du décès
Face à cette situation, Madiaw Diaw, observateur national des lieux de privation de liberté, a réagi lors de la journée de réflexion organisée par la Commission nationale des Droits de l’Homme du Sénégal (CNDHS). Toutefois, il a appelé à la prudence avant de qualifier ce cas de « torture ».
« La torture, telle que définie par notre Code pénal, répond à des critères précis », a expliqué Madiaw Diaw, soulignant qu’il était prématuré de conclure qu’il s’agissait d’un tel cas. Selon lui, la seule certitude à ce stade est qu’un détenu a perdu la vie dans des circonstances qu’il convient d’élucider. Il a insisté sur le fait que des enquêtes judiciaires et administratives étaient en cours pour faire toute la lumière sur cette tragédie.
L’observateur a également précisé que l’Observatoire national des lieux de privation de liberté (ONLP) suivait de près l’évolution de l’affaire. Toutefois, en ce qui concerne l’interprétation des conclusions du médecin légiste, Madiaw Diaw a souligné l’importance de prendre du recul. En tant qu’ancien procureur de la République, il recommande une lecture prudente des certificats médicaux et des conclusions des experts, invitant à solliciter des clarifications lorsqu’il s’agit de termes techniques.
Une enquête nécessaire pour garantir la transparence
Si les autorités judiciaires et administratives poursuivent leur enquête, l’affaire soulève des questions sur le respect des droits humains dans les prisons sénégalaises. Le décès de Bassirou Diop met en lumière les défis à relever pour garantir des conditions de détention dignes et éviter toute forme de maltraitance.
Le Sénégal, tout en célébrant cette Journée internationale des Droits de l’Homme, doit faire face à des défis majeurs pour assurer la protection des droits des détenus, en particulier dans un contexte où le respect de ces droits est régulièrement remis en question dans les lieux de privation de liberté.



