Macky Sall a récemment expliqué sa décision de mener la coalition Takku-Wallu lors des législatives du 17 novembre 2024, seulement six mois après la fin de son mandat présidentiel. Lors d’un entretien avec Bloomberg TV, largement relayé par la presse locale, il a affirmé vouloir éviter qu’une majorité toute-puissante ne mette en péril le pays. « J’ai accepté de renforcer l’opposition pour éviter une majorité qui pourrait être tentée de mener le pays sur une mauvaise voie », a-t-il déclaré.
Cependant, pour Pr Maurice Soudieck Dione, professeur agrégé en science politique à l’Université Gaston Berger, les motivations de Macky Sall pourraient être plus complexes. Selon lui, l’ancien président chercherait à protéger ses intérêts personnels et politiques. « Il n’est pas exclu qu’il veuille protéger ses arrières, son clan et son camp. Les opérations de reddition des comptes ont souvent servi de prétexte pour asseoir une hégémonie politique et régler des comptes », a-t-il analysé.
Pr Dione avance également que Macky Sall, encore à la tête de l’Alliance pour la République (APR), reste l’unique figure capable de fédérer les membres restants du parti. « Il est le seul à pouvoir maintenir une cohésion au sein de l’APR, qui s’est fragmentée après son départ », souligne-t-il.
Enfin, l’universitaire n’écarte pas l’hypothèse d’un retour politique de Macky Sall à long terme. « En libérant ses alliés pour reconstruire l’APR, à l’image de ce qu’avait fait Abdoulaye Wade en 2012, Macky Sall pourrait se projeter sur les futures échéances électorales. Un retour en 2029 n’est donc pas totalement à exclure », suppose Pr Dione.
Ainsi, au-delà des législatives de 2024, l’ancien président semble envisager un avenir politique plus large, mêlant protection de son héritage et éventuelle résurgence sur la scène politique sénégalaise.



